Une vue d'ensemble du nouveau Code
civil du Québec
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AVIS AUX LECTEURS
Le
présent texte constitue un ouvrage de référence faisant
partie intégrante de la "Banque de textes juridiques
historiques" du Réseau juridique du Québec.
L'information
disponible est à jour à la date de sa rédaction seulement
et ne représente pas les changements législatifs et
jurisprudentiels en vigueur depuis sa rédaction.
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Patrice
Vachon, avocat, Fasken
Martineau , Montréal 1.
TABLE DES MATIÈRES
Note de l'éditeur
Introduction
Historique
du Code civil du Québec
Importance
de la réforme
Présentation
du Code civil du Québec
Une vue
d'ensemble du nouveau Code
Conclusion
LES LIVRES DU CODE CIVIL DU QUÉBEC
Livre 1 : Le Droit
des personnes
Livre 2 : Le Droit
de la famille
Livre 3 : Le Droit
des successions
Livre 4 : Le Droit
des biens
Livre 5 : Le Droit
des obligations (contrats et responsabilité)
Livre 6 : Le Droit
des priorités et des hypothèques
Livre 7 : Le Droit
de la preuve
Livre 8 : Le Droit
de la prescription
Livre 9 : Le Droit
de la publicité des droits
Livre 10 : Le Droit
international privé
NOTE DE L'ÉDITEUR
La présente vue d'ensemble du Code civil du Québec
vise à fournir au lecteur un aperçu sommaire
du Code civil, la « loi » qui guide tout ce qui
touche la relations entre personnes « physiques »
ou « morales » (compagnies, sociétés
et autres entités commerciales).
Tout au long, nous vous référons vers d'autres
textes détaillés présents sur le Réseau.
Ce texte se veut la carte géographique pour vous guider.
Pour ceux désirant poussez leur lecture, des notes
de fin de page sont incluses qui expliquent davantage les
concepts, qui donnent des exemples et qui renvoient aux articles
de lois.
Il est divisé en 10 parties, chacune portant un thème
particulier traité dans le Code. Vous pouvez toujours
accéder au Code civil du Québec électronique
sur Internet au « Centre de recherche en droit public
» de l'Université de Montréal : Code
civil du Québec électronique. Ou encore,
vous pouvez acheter
un Code civil directement sur le Réseau
juridique. Vous aurez ainsi, à la portée
de la main, le Code ainsi que plusieurs lois d'intérêt.

Achetez-le
ici
Cet aperçu n'est pas destiné à remplacer
les conseils d'experts. Avant de prendre toute décision,
consulter un expert en la matière.
Nous tenons à remercier l'auteur, Me Patrice Vachon
et Me Patrick Ferland, de l'étude Heenan Blaikie, pour
leur précieuses contributions.
Marc Gélinas, avocat, rédacteur
en chef du Réseau juridique du Québec
INTRODUCTION
Le nouveau Code civil du Québec2
(ci-après le « C.c.Q. » ou le nouveau «
Code ») est entré en vigueur le 1er janvier 1994.
Il présente des mutations profondes du droit dans tous
les domaines. Nous tenterons de présenter un exposé
succinct parcourant les nouvelles règles établies
par le législateur en dressant une vue d'ensemble des
dix livres composant le nouveau Code tout en mettant l'accent
sur les changements majeurs qui sont survenus et qui ont créé
un impact direct et profond sur les relations d'affaires et
sur les relations entre personnes. Le lecteur sera ainsi à
même de puiser l'information qui le touche plus particulièrement
compte tenu de son champ d'intérêt, de son occupation,
de sa profession ou de ses activités.
HISTORIQUE
DU CODE CIVIL DU QUÉBEC
En premier lieu, nous croyons opportun de situer dans son
contexte la réforme du Code civil. Vous trouverez donc,
ci-après, les grandes lignes de l'évolution
de cette réforme dans le temps3
:
- Début formel : 1955 - C'est en 1955, sous
le gouvernement Duplessis, que la société
québécoise, et plus particulièrement
la communauté juridique, entama le processus de réforme
du Code civil du Bas-Canada4.
- Début véritable : 1960 - Toutefois,
on ne saurait parler de véritables travaux de réforme
avant le début des années 1960 où l'on
s'afféra à la restructuration des régimes
matrimoniaux. L'Office de révision du Code civil
du Québec5, la structure
administrative chargée de la réforme du C.c.B.-C.,
fut alors créée. Son mandat était de
mener à terme l'étude et la proposition d'un
nouveau Code civil, ce qu'il fit en présentant son
Rapport à l'Assemblée nationale en 1978. On
pouvait alors y voir une recodification complète
de la loi civile québécoise.
- Réforme du droit de la famille : 1980 à
1982 - Rapport en main, le gouvernement entreprit une
réforme partielle du C.c.B.-C. Ainsi, le 19 décembre
1980, après de nombreuses consultations publiques,
l'Assemblée nationale adopta la réforme du
droit de la famille qui fut consolidée en 1982 par
l'adoption de la Loi assurant l'application de la réforme
du droit de la famille6.
- Réformes du droit des personnes, des successions
et des biens : 1982 à 1987 - Les propositions
de réformes se succédèrent de 1982
à 1983 par le dépôt, à l'Assemblée
nationale, de projets de loi concernant le droit des personnes,
le droit des successions et le droit des biens7.
En 1984, ces projets de loi furent fusionnés pour
donner naissance au Projet de loi 208
qui fut alors officiellement adopté le 15 avril 1987.
Celui-ci n'entra toutefois jamais en vigueur.
- Autres réformes : 1986 à 1989 - De
1986 à 1989, le législateur poursuivait ses
modifications partielles et ponctuelles du Code civil. À
titre d'exemple, le droit de l'arbitrage, le patrimoine
familial, la copropriété et l'emphytéose
furent autant de matières réformées
ou incluses dans le droit civil alors en vigueur.
- Projet de loi 125 : 1990 à 1991 - Enfin,
le 18 décembre 1990, un projet de réforme
intégrale du Code civil, le « Projet de loi
125 », était déposé par le ministre
de la Justice, Me Gil Rémillard, à l'Assemblée
nationale9. Cette proposition,
qui se voulait un agrégat assurant la cohésion
de l'ensemble des réformes et des propositions antérieures,
fit l'objet d'un accord de principe six mois plus tard,
soit le 4 juin 1991, et d'une étude en commission
parlementaire à l'automne de 1991. Il fut littéralement
« épluché » et commenté et,
après plusieurs discussions et compromis, il fut
adopté à l'unanimité et sanctionné
le 18 décembre 1991, soit un an plus tard, jour pour
jour, après plus d'un millier de changements de forme
et de fond. Le décret requis pour fixer la date d'entrée
en vigueur fut passé le 2 juin 199310
et publié dans la Gazette Officielle du Québec
(No 23) : le peuple québécois et les juristes
étaient ainsi, de façon irréversible,
confrontés à l'entrée en vigueur du
nouveau Code civil dès le 1er janvier 1994 !
- Projet de loi 38 : 1992 - L'implantation d'un nouveau
Code civil ne saurait toutefois s'auto-suffire sans l'adoption
de règles de droit transitoire, et c'est ainsi que
le 18 juin 1992, le Projet de loi 38, intitulé Loi
sur l'application de la réforme du Code civil11,
était présenté à l'Assemblée
nationale. Son principe fut adopté le 25 novembre
1992, et la loi fut adoptée et sanctionnée
le 18 décembre 1992 pour prendre effet concurremment
à l'entrée en vigueur du nouveau Code civil,
soit le 1er janvier 1994.
IMPORTANCE DE
LA RÉFORME
C'est donc dire que le processus de la réforme du
Code civil s'est étendu non pas sur cinq ou dix ans,
mais bien sur près de 40 ans. À première
vue, cette longue période de gestation ne paraît
s'expliquer que par des argumentations inépuisables
et l'absence de volonté politique. Cependant, il ne
faudrait pas mésestimer l'importance de l'exercice.
La réforme ne se limite pas à une révision
de texte législatif mais s'étend à des
modifications en profondeur des règles de droit et
de conduite, s'inspirant ici et là de législations
d'autres pays :
- Elle consolide plus de 125 années d'expérience;
- Elle codifie la doctrine et la jurisprudence;
- Elle s'adapte à notre époque et à
l'évolution technologique (informatique, transport,
communications, moyens de paiement, etc.);
- Elle se modernise en adaptant la loi civile aux profonds
changements sociaux, moraux et économiques qu'a connu
le Québec depuis 1866 (avortement, euthanasie, fécondation
in vitro, changement de sexe, etc.);
- Elle adapte le langage législatif à notre
époque, relevant ainsi la clarté et l'accessibilité
du texte12.
Un tel investissement paraît justifiable dans la mesure
où le Code civil représente, pour une société
de droit civil, le fondement même de la vie collective
qu'est notre « droit commun ».
PRÉSENTATION
DU CODE CIVIL DU QUÉBEC
Le nouveau Code civil du Québec contient 3168
articles répartis en dix livres13,
chaque livre traitant d'un domaine précis du droit civil.
La philosophie même du nouveau Code ressort clairement
de sa disposition préliminaire :
Le Code civil du Québec régit, en harmonie
avec la Charte des droits et libertés de la personne
et les principes généraux du droit, les personnes,
les rapports entre les personnes, ainsi que les biens.
Le Code est constitué d'un ensemble de règles
qui, en toutes matières auxquelles se rapportent
la lettre, l'esprit ou l'objet de ses dispositions, établit,
en termes exprès ou de façon implicite, le
droit commun. En ces matières, il constitue le fondement
des autres lois qui peuvent elles-mêmes ajouter au
Code ou y déroger.
Cette doctrine est également imprégnée
des fondements civilistes de notre droit : le législateur
présente les principes directeurs et le soin est laissé
aux tribunaux de trancher et de donner la direction à
suivre. Ce processus est le fondement même de notre
droit civil et on peut le noter à plusieurs endroits
dans le Code où certains problèmes d'interprétation
des règles de droit ont littéralement été
volontairement laissés en suspens14.
Par ailleurs, on notera, dans le livre septième sur
la preuve, que le législateur a accordé beaucoup
plus de pouvoirs et d'autonomie de même qu'une plus
grande liberté aux tribunaux, empruntant à cet
égard certaines modalités du système
français.
UNE VUE D'ENSEMBLE
DU NOUVEAU CODE
Livre après livre et sujet après sujet, notre
objectif est de faire ressortir les transformations les plus
importantes apportées par le législateur et
qui méritent d'être soulignées dans une
vue d'ensemble. Pour chacun des sujets, nous identifierons
également plus en détail trois changements qui
ont mérité notre attention particulière
et que nous avons jugé pertinent de relever et d'expliquer
davantage. Par ce procédé, nous comptons vous
présenter les principaux éléments de
chacun des livres du nouveau code ainsi qu'une vue d'ensemble
de celui-ci.
CONCLUSION
Dans le présent texte, nous avons relevé les
changements qui nous semblaient les plus pertinents pour la
population et les gens d'affaires, et ce, afin de vous permettre
de bien saisir l'ampleur des modifications apportées
et de vous situer dans ce contexte. Cependant, là ne
sont pas les seuls changements prévus par le nouveau
Code et qui sont susceptibles d'affecter votre vie quotidienne,
votre occupation, votre profession ou vos activités.
À jour en mars 2000
1. Patrice Vachon est avocat, associé
du cabinet Heenan Blaikie, où il pratique le droit
des affaires. Il est également très actif dans
la communauté juridique, étant professeur et
auteur de plusieurs ouvrages de nature juridique dont un livre
intitulé Une vue d'ensemble du nouveau Code civil
du Québec et de la Loi sur l'application de la réforme
du Code civil et un autre sur les acquisitions d'entreprises
intitulées La vente d'entreprise - Acquisitions
et ventes d'entreprises. Il est fréquemment invité
à donner des conférences, cours, séminaires
et présentations sur le sujet à des organismes,
privés et publics, associations, corporations professionnelles,
contentieux et cabinets de comptables et il est l'auteur de
plusieurs articles d'intérêt. Les présents
commentaires sont personnels à l'auteur et n'engagent
pas Heenan Blaikie.
L'auteur tient à remercier Me Patrick
Ferland pour sa précieuse contribution à la
mise à jour du présent texte.
2. Code civil du Québec
(1991, chapitre 64) - ci-après appelé le «
C.c.Q. » ou le nouveau « Code ».
3. Pour plus de détails sur l'historique
du C.c.Q., voir les Commentaires du ministre de la Justice,
Me Gil Rémillard, [1993], Les Publications du Québec,
page V ss.
4. Code civil du Bas-Canada (1865,
chapitre 41) - ci-après appelé le « C.c.B.-C.
».
5. Ci-après appelé l'«Office
».
6. L.Q. 1982, c. 17.
7. Projets de loi 106, 107 et 58.
8. L.Q. 1987, c. 18.
9. Projet de loi 125 (1991, chapitre 64).
10. Décret No 712-93.
11. (1992, chapitre 57).
12. i.e. : les vieilles expressions du
C.c.B.-C. sont remplacées par des expressions plus
adaptées à notre temps. Ainsi sont disparues
les « forges » et les « forteresses »;
les « moulins à vent »; les « chemins
de halage »; les « fossés et remparts des
places de guerre »; etc.
13. Le Livre premier : Des personnes;
le Livre deuxième : De la famille; le Livre troisième
: Des successions; le Livre quatrième : Des biens;
le Livre cinquième : Des obligations; le Livre sixième
: Des priorités et des hypothèques; le Livre
septième : De la preuve; le Livre huitième :
De la prescription; le Livre neuvième : De la publicité
des droits; le Livre dixième : Du droit international
privé.
14. Pensons, par exemple, à l'avortement
et à l'arrêt Daigle c. Tremblay,
[1989] 2 R.C.S. 530 : il s'agit d'un problème plus
politique que juridique et le législateur a préféré
laisser aux « politiciens » et au « peuple
» le soin de prendre position en la matière. Les
règles de la vente d'entreprise sont également
un exemple de dispositions fort ambigues où les tribunaux
devront dicter le droit.
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AVIS AUX LECTEURS
Le
présent texte constitue un ouvrage de référence faisant
partie intégrante de la "Banque de textes juridiques
historiques" du Réseau juridique du Québec.
L'information
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et ne représente pas les changements législatifs et
jurisprudentiels en vigueur depuis sa rédaction.
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Avis. L'information présentée
ici est de nature générale et est mise à
votre disposition sans garantie aucune notamment au niveau
de son exactitude ou de sa caducité. Cette information
ne doit pas être interprétée comme constituant
des conseils juridiques. Si vous avez besoin de conseils juridiques
particuliers, vous devriez consulter un avocat.
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