Le Code civil du Québec - Livre
7 - Droit de la preuve
Patrice
Vachon, avocat, Fasken Martineau, Montréal 89.
Retour à Une
vue d'ensemble du Code civil du Québec
Les règles concernant la preuve constituent une réglementation
complète et exhaustive du droit de la preuve dans les
matières civiles.
Parmi les changements importants touchant le domaine de la
preuve, notons la clarification apportée à la
réglementation des actes authentiques, la reconnaissance
que la preuve de la date d'un écrit sous seing privé
peut se faire par tous moyens, l'attribution du caractère
d'actes semi-authentiques à tous les actes émanant
d'un officier public étranger, la répudiation
des règles établies et suivies par la jurisprudence
sur la notion de force probante des aveux extrajudiciaires,
la codification de la règle de la pertinence, l'attribution
du pouvoir au tribunal d'exclure un élément
de preuve qui a été obtenu dans des conditions
qui portent atteinte aux droits et libertés fondamentaux,
l'atténuation apportée à la règle
de l'actuel article 1234 de l'ancien Code civil (Code civil
du Bas Canada - C.c.B.-C.) en rendant recevable la preuve
testimoniale pour contredire un écrit valablement fait
lorsqu'il existe un commencement de preuve, la substitution
de la notion « d'acte d'entreprise » à la
notion « d'acte de commerce », l'introduction de
la notion de valeur du litige (1 500 $) comme critère
permettant de déterminer dans quels cas la preuve testimoniale
d'un acte juridique sera ou non recevable et l'introduction
des inscriptions informatiques où le Code s'est rajeuni
en reconnaissant la valeur juridique des inscriptions informatiques
(on pense, entre autres, aux guichets automatiques et aux
paiements directs).
Les trois changements suivants ont particulièrement
attiré notre attention :
- Régime accusatoire -vs- inquisitoire - Les
changements en matière de preuve ont possiblement
comme principal effet de transformer le régime accusatoire
actuel du Québec en un régime inquisitoire
tout comme en France. Par là, on entend que l'administration
et le déroulement de la preuve lors d'un procès
relève moins des parties et plus du tribunal.
- La présentation, en preuve, d'un élément
matériel - Les nouvelles règles du Code
viennent perturber le régime d'admission des preuves
traditionnelles que sont l'écrit, le témoignage,
les présomptions et l'aveu : il est maintenant possible
de prouver un élément matériel par
un système d'enregistrement, par un film ou un vidéo.
En matière de recevabilité de preuve, on reconnaît
donc que l'enregistrement vient au même rang qu'un
écrit.
- Preuve des actes juridiques - Le Code modifie substantiellement
les règles concernant la recevabilité des
moyens de preuve pour prouver un acte juridique. Ainsi,
dans le Code, la notion « d'acte passé dans
le cours des activités d'une entreprise » a
été substituée à celle «
d'acte de commerce ». D'ailleurs, la définition
conférée au Code à la notion d'«
entreprise » est substantiellement élargie par
rapport à la notion d'acte de commerce.
Retour à Une
vue d'ensemble du Code civil du Québec
À jour en mars 2000
89. Patrice Vachon est avocat, associé
du cabinet Heenan Blaikie, où il pratique le droit
des affaires. Il est également très actif dans
la communauté juridique, étant professeur et
auteur de plusieurs ouvrages de nature juridique dont un livre
intitulé Une vue d'ensemble du nouveau Code civil
du Québec et de la Loi sur l'application de la réforme
du Code civil et un autre sur les acquisitions d'entreprises
intitulées La vente d'entreprise - Acquisitions
et ventes d'entreprises. Il est fréquemment invité
à donner des conférences, cours, séminaires
et présentations sur le sujet à des organismes,
privés et publics, associations, corporations professionnelles,
contentieux et cabinets de comptables et il est l'auteur de
plusieurs articles d'intérêt. Les présents
commentaires sont personnels à l'auteur et n'engagent
pas Heenan Blaikie.
L'auteur tient à remercier Me Patrick
Ferland pour sa précieuse contribution à la
mise à jour du présent texte.
Avis. L'information présentée ici est de nature
générale et est mise à votre disposition
sans garantie aucune notamment au niveau de son exactitude
ou de sa caducité. Cette information ne doit pas être
interprétée comme constituant des conseils juridiques.
Si vous avez besoin de conseils juridiques particuliers, vous
devriez consulter un avocat.
© Copyright 2000 -
, Patrice Vachon, Tous droits réservés
|