Adoption
Me Marthe Vachon, avocate, Fillion,
Vézina, Vachon, Gravel & Aubin, avocats, Chicoutimi
Qui peut être adopté? Tout enfant mineur. Le
consentement de l'enfant de 10 ans et plus sera cependant
requis. L'enfant de 14 ans et plus peut refuser d'être adopté
et son refus met fin au processus d'adoption.
Une personne majeure pourra aussi être adoptée par ceux
qui l'ont adoptée de fait alors qu'elle était encore
mineure. Il peut arriver dans des cas exceptionnels, lorsque
cette condition n'est pas remplie, que le tribunal autorise
quand même l'adoption d'une personne majeure si la personne
qui veut adopter démontre un intérêt suffisant.
Qui peut adopter? Toute personne majeure. Elle
peut le faire seule ou conjointement avec une autre personne.
La personne qui désire adopter doit avoir 18 ans de plus que
l'adopté(e) sauf s'il s'agit de l'enfant de son conjoint.
Les adoptants doivent-ils être mariés? La loi
n'exige plus que les adoptants soient des gens mariés. Toutefois,
la loi exige que les adoptants non mariés ou non unis civilement
demeurent ensemble depuis au moins trois (3) ans.
Un couple homosexuel peut-il adopter? Oui.
Toutefois, s'il n'est pas marié ou uni civilement, il doit
cumuler trois (3) années de cohabitation avant de pouvoir
entamer ses démarches d'adoption.
Qui doit consentir à l'adoption? Le parent
qui est reconnu sur le certificat de naissance de l'enfant
à être adopté doit donner son consentement. Le consentement
d'un seul parent sera suffisant si l'autre parent n'est pas
reconnu au certificat de naissance.
Y a-t-il plusieurs formes de consentement?
Le consentement peut être général ou spécial. Le consentement
général n'indique pas en faveur de qui il est donné. Il permet
l'adoption par toute personne répondant aux critères exigés
pour un adoptant. Le consentement spécial précise en faveur
de qui il est donné et ne permet l'adoption que par cette
personne. Le consentement spécial n'existe qu'en faveur d'un
ascendant de l'enfant, d'un parent jusqu'au troisième degré
ou du conjoint de cet ascendant. Par opposition au consentement
général, la direction de la protection de la jeunesse n'intervient
pas dans le processus adoptif relié au consentement spécial.
Quelles sont les étapes à franchir? Il y a
trois étapes: d'abord le ou les consentements doivent être
signés. Un délai de 30 jours doit s'écouler. Ce délai permet
à la personne qui a donné son consentement d'annuler celui-ci.
Passé le délai de 30 jours le ou les adoptants présentent
une requête pour l'obtention d'une ordonnance établissant
le placement de l'enfant sous leur responsabilité. Par la
suite, un délai de trois (3) mois ou de six (6) mois, selon
des circonstances précises, doit s'écouler avant que la requête
en adoption proprement dite puisse être présentée à un juge.
Un jugement accordant l'adoption de l'enfant est alors rendu
après enquête du tribunal.
Quels sont les effets de l'adoption? L'adopté
devient l'enfant de son ou ses parents adoptifs. l'adopté
a les mêmes droits que d'autres enfants liés par le sang à
l'adoptant. Il peut donc se qualifier à titre d'héritier de
son ou ses parents adoptifs.
Le parent ayant donné son consentement à l'adoption
de son enfant conserve-t-il des droits sur cet enfant?
Non. Tout droit est effacé. Le parent ne peut pas obtenir
de droits pour voir son enfant. Il reste la possibilité que
le ou les parents adoptifs acceptent que leur enfant conserve
un lien avec son parent biologique. Ainsi, même si une entente
était conclue entre le parent biologique et les adoptants
pour permettre le maintien de liens avec l'enfant, cet arrangement
serait nul puisque contraire à l'ordre public.
À jour au 23 novembre 2011
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