Ce
que vous devez savoir lors d'un congédiement faisant suite
à un accident du travail ou à une maladie professionnelle
Michel
Cyr, avocat, Laval
Contenu
Introduction
La problématique
Les enjeux
Introduction
Lorsque suite à un accident du travail ou à une maladie professionnelle,
un travailleur ou une travailleuse accidenté fait l'objet
d'un congédiement, plusieurs situations peuvent alors se présentées.
Ainsi, contrairement à un travailleur syndiqué, qui pourrait
recourir à la procédure de grief ou présenter plutôt une plainte
en vertu de l'article 32 de la Loi sur les accidents du travail
et les maladies professionnelles, " les deux recours étant
exclusifs ", il en va tout autrement pour le travailleur non
syndiqué.
Dans le cas des travailleurs non syndiqués, ces derniers
s'adresseront plutôt à la Commission des normes du travail.
C'est ainsi que s'amorce donc, bien souvent, des négociations
entre ce travailleur ou cette travailleuse non syndiqué, son
employeur et un conciliateur de la Commission des normes du
travail.
La problématique
Lorsqu'un travailleur non syndiqué fait face à un congédiement,
après avoir été victime d'une lésion professionnelle, ce dernier
risque, bien sûr, de se retrouver dans une situation précaire
si, de surcroît, la CSST a refusé sa réclamation.
Par ailleurs, lorsque la lésion professionnelle a été acceptée
par la CSST, l'employeur pourrait s'objecter à sa reconnaissance
et avoir présenté une contestation.
Dans le contexte de la négociation qui pourra s'engager avec
l'employeur devant la Commission des normes du travail, le
travailleur, qui aura vu sa réclamation refusée par la CSST,
devra, " si sa condition de santé le lui permet " tenter de
trouver un autre emploi, ne serait-ce que pour respecter le
principe légal mitigation des dommages.
Il en sera autrement pour le travailleur qui aura vu sa réclamation
acceptée par la CSST, ce dernier n'aura pas à chercher de
l'emploi durant cette période, s'il demeure incapable de travailler.
Dans ce contexte, il pourrait être alléchant d'accepter une
offre financière dans le cadre d'un règlement devant la Commission
des normes du travail et renoncer à une éventuelle réintégration
au travail en échange d'une somme d'argent forfaitaire.
Dans les cas où un congédiement survient dans un contexte
d'accident du travail et de maladie professionnelle, l'employeur
demandera, bien souvent, en plus d'un retrait de la plainte
de congédiement en échange d'une somme d'argent, la renonciation
par le travailleur, du bénéficie des droits prévus à la Loi
sur les accidents du travail et les maladies professionnelles.
Les enjeux
Dans la première hypothèse, soit dans le cas tout simplement
où le travailleur accepte une somme d'argent en échange d'une
renonciation à l'ensemble de ses droits de retour au travail
ainsi que des droits prévus à la Loi sur les accidents du
travail et les maladies professionnelles, les argents devront
être déclarés aux fins des lois fiscales en vertu de la Loi
sur l'assurance-chômage et également en vertu de la Loi sur
les accidents du travail et les maladies professionnelles,
à moins que l'ensemble ou une partie de ces sommes, si cela
est possible, n'ait été versée à titre de remboursement de
certains frais ou dommages, par exemple.
Dans le cas toutefois où le travailleur aura subi un accident
du travail ou une maladie professionnelle, et qu'on lui demandera
de renoncer à ses droits en vertu de la Loi sur les accidents
du travail et les maladies professionnelles, il ne faudra
pas oublier que ce travailleur aura à trouver un autre emploi
et tenir compte de ses capacités résiduelles s'il existe des
séquelles.
S'il y a eu guérison dans le cadre de ce processus, la situation
pourrait être moins dramatique.
Toutefois, dans la mesure où la lésion professionnelle à
laquelle le travailleur a renoncé n'est pas guérie, il pourrait
y avoir des séquelles éventuelles, alors qu'effectivement
dans les cas où il existe des séquelles, il va de soi qu'il
n'y a aucun intérêt à renoncer aux droits prévus à la Loi
sur les accidents du travail et les maladies professionnelles
en échange d'une somme d'argent.
Ainsi, dans les cas où des séquelles sont prévisibles ou
lorsqu'elles sont déjà établies, les risques de ne pas pouvoir
trouver un emploi aussi rémunérateur deviennent plus importants,
d'autant plus que les sommes d'argent qui sont offertes en
échange de la renonciation aux droits prévus à la Loi sur
les accidents du travail et les maladies professionnelles
sont généralement bien inférieures aux droits prévus à cette
loi.
Ainsi, un travailleur, qui aura à se trouver un autre emploi,
mais qui conservera des séquelles de son accident chez l'employeur
précédent où il a été congédié, pourra obtenir de la CSST
une indemnité de remplacement du revenu réduite jusqu'à l'âge
de 68 ans s'il peut travailler, alors qu'il pourra même recevoir
une indemnité non réduite jusqu'à l'âge de 65 ans s'il devient
incapable d'occuper tout emploi.
Mentionnons toutefois, en terminant, que la décision d'accepter
une somme d'argent en échange d'une renonciation à la plainte
de congédiement, de même qu'aux droits prévus à la Loi sur
les accidents du travail, est davantage justifiée lorsqu'il
s'agit d'un travailleur âgé qui compte prendre sa retraite
dans un avenir rapproché ou lorsqu'un travailleur est guéri
des blessures subies suite à une lésion professionnelle.
À jour au 4 mai 2009
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ne doit pas être interprétée comme constituant
des conseils juridiques. Si vous avez besoin de conseils juridiques
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