
La pension alimentaire
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AVIS AUX LECTEURS Le 3 novembre 2010, une décision fort importante de la Cour d'appel du Québec vient quelque peu bouleverser les règles établies en ce qui a trait aux obligations entre conjoints de fait. La décision invalide l'article 585 du Code civil du Québec indiquant que seul les conjoints mariés ou unis civilement (une forme de mariage) peuvent demander une pension alimentaire à l'autre conjoint, ouvrant la porte ainsi à la pension entre conjoints de fait. Cependant, la Cour donne une année au législateur pour revoir la loi à cet égard. Le 24 mars 2011, la Cour suprême du Canada a accepté d’entendre l’appel du gouvernement du Québec dans cette affaire. Entre temps, rien n'est changé, la pension alimentaire entre conjoints de fait et autres répercussions potentielles (application du patrimoine familial aux conjoints de fait???) n'est pas possible. Marc Gélinas, avocat |
Dans la grand majorité des cas de séparation
ou de divorce, la question du paiement d'une pension alimentaire
pour les enfants ou pour l'ex-époux se soulève.
Tous les parents, qu'ils aient été mariés
ou conjoints de fait, doivent, en vertu de la loi, contribuer
aux besoins de leurs enfants. Cependant, les ex-conjoints
de fait n'ont pas , pour l'instant du moins, l'obligation
légale de se verser mutuellement une pension alimentaire.
Seuls les époux mariés se doivent ce qu'on
appelle les "aliments".
Dès lors, dans la détermination de la pension, les tribunaux devaient tenir compte de l'impôt à payer par la personne récipiendaire de cette pension.
Depuis le 1er mai 1997, la pension alimentaire pour enfants,
payée par un parent à l'autre, n'est plus
imposable pour le parent qui la reçoit ni déductible
du revenu du parent qui la paie. Le montant payé
sera donc en "argent net".
En outre d'instaurer un nouveau régime fiscal, les
législateurs ont établi des lignes directrices
de fixation des pensions alimentaires pour que les enfants
soient traités uniformément et équitablement,
lorsqu'ils sont dans des situations équivalentes.
Les lignes directrices de fixation des pensions alimentaires sont obligatoires, tant pour les tribunaux que pour les parties qui concluent des ententes hors de cours, si ces parties désirent que leur entente soit confirmée par le tribunal pour valoir jugement.
Dans chaque cas où l'on s'écartera du montant déterminé par les lignes directrices, les raisons de l'écart devront être notées au jugement ou à l'entente entre les parents ainsi qu'au formulaire.
Les lignes directrices s'appliquent pour les pensions payables aux enfants mineurs et pour les enfants majeurs encore considérés à la charge de leurs parents. Cette dernière condition se réalisera dans la mesure où les enfants majeurs ne peuvent assurer leur subsistance, pour cause de maladie, d'invalidité ou pour d'autres causes (notamment en raison de la poursuite d'études raisonnables).
C'est le gouvernement fédéral qui, en apportant
des modifications à la Loi de 1985 sur le divorce
a, le premier, édicté des lignes directrices,
différentes pour chaque province canadienne, compte
tenu des variations du coût de la vie et du taux d'imposition,
dans chacune d'elles.
Les lignes directrices fédérales s'appliquent
pour la fixation d'une pension alimentaire pour enfants:
Si les parents vivent tous les deux dans la province de Québec, ce sont les lignes directrices du modèle québécois qui s'appliquent à eux.
Lorsqu'un parent assume plus de 60% du temps de garde d'un
enfant, la garde est dite exclusive (avec droits d'accès
"classiques"). Lorsque chacun des parents assume
au moins 40% du temps de garde, la garde est dite partagée.
Lorsque le parent non-gardien a les enfants entre 20 et
40% du temps, il y a lieu d'ajuster le montant de la pension
alimentaire en fonction du temps passé chez le parent
non-gardien.
Pour calculer le montant qui devra être payé, il faut effectuer les calculs suivants:
Déterminer le revenu annuel brut de chaque parent (revenu annuel brut = revenus de toute provenance).
Une fois certaines déductions soustraites de ce revenu annuel brut, on en vient au revenu disponible des parents.
- une déduction de base qui apparaît aux tables (10,100.00$ en 2009);- la déduction pour cotisations syndicales;- la déduction pour cotisations professionnelles;- veuillez noter que l'impôt payable sur le revenu n'est pas déduit lors du calcul du revenu disponible étant donnée qu'il est pris en considération dans les tables de calcul de contribution alimentaire de base.
Le revenu disponible de chaque parent, divisé par
le revenu disponible combiné ( le total des revenus
disponibles de chaque parent) permet d'établir le
pourcentage de répartition de la contribution alimentaire
parentale de base, fixant ainsi la pension alimentaire à
payer par le parent non-gardien.
Exemple:
| Père | Mère | Total | |
| Revenu disponible de chaque parent | 33 000 $ | 25 000 $ | |
| Revenu disponible combiné des deux parents | 58 000 $ | ||
| Pourcentage en répartition | 56,9% | 43,1% | |
| Contribution alimentaire de base selon le revenu disponible des deux parents d'après les tables de l'année 2000 (pour deux enfants) | 10 840 $ | ||
| Contribution alimentaire de base pour chacun des parents | 6167,96 $ | 4672,04 $ |
Le modèle québécois prévoit
que les parents peuvent, par entente, et après avoir
établi quelle serait la somme de pension alimentaire
à payer selon la table, déroger à celle-ci,
à la condition expresse d'indiquer au formulaire
qui devra être déposé à la Cour
avec l'entente, les raisons qui justifient la dérogation.
Le tribunal devra vérifier si le montant auquel les
parents en sont venus couvre les besoins de l'enfant, compte
tenu des situations (difficultés ou contraintes excessives..)
et il aura le pouvoir de refuser la convention.
Dans certains cas, il appartient aux tribunaux d'interpréter
la loi et à la lumière de leur discrétion
judiciaire, de régler des problèmes particuliers.
Avec le temps, les tribunaux nous fourniront la jurisprudence
nécessaire afin que soient davantage balisées
les zones grises ou discrétionnaires de ces législations.
Vous pouvez consulter notre article sur le Calcul des pensions alimentaires qui inclut la table de pensions.
Comme elles ne sont pas régies par des lignes directrices
pour leur fixation, les pensions alimentaires entre ex-époux
sont quelquefois complexes à établir; de nombreux
litiges s'y rapportant sont portés devant les tribunaux.
Le premier fardeau de la personne qui demande une aide alimentaire
est d'établir son droit à une telle aide.
En effet, ce ne sont pas tous les ex-époux qui ont droit de recevoir une pension alimentaire pour eux-mêmes. La loi sur le divorce prévoit divers facteurs et objectifs à prendre en considération pour établir le droit à des aliments et leur montant. Il faut donc, selon la loi, tenir compte de: la durée de la vie commune et du rôle joué par les époux durant celle-ci pour compenser les avantages ou les inconvénients économiques qui découlent du mariage ou de son échec; la responsabilité du soin du ou des enfants à charge pour répartir les conséquences économiques qui en découlent; toute difficulté économique reliée à l'échec du mariage; le temps requis pour, dans la mesure du possible, favoriser l'indépendance économique des époux. La tâche n'est pas simple...
Notons cependant que les conjoints de fait ne se doivent aucunement de pension alimentaire entre eux lors d'une séparation. Or, le nombre de couples qui choisissent de vivre ensemble sans se marier au Québec augmente à chaque année. De ces couples, plusieurs choisissent d'avoir des enfants ce qui prompt certains juristes à se questionner sur l'équité entre les enfants nés d'un mariage et les enfants nés d'une union de fait. Certains dossiers sur ce sujet se plaident présentement devant les Cours. Nous osons croire que les décisions à venir éclairciront le débat.
L'objectif de cette loi est bien sûr d'assurer le
paiement régulier des pensions alimentaires. La mise
en place du système de perception, dans les débuts
à tout le moins, a cependant été ardue
et de nombreux délais dans le traitement des dossiers
ont été notés. La situation s'est améliorée
et les délais de traitement sont beaucoup moins longs. Il
est tout de même recommandé de faire inscrire au jugement
ou à l'entente que la pension alimentaire sera payable directement
par un ex-conjoint à l'autre, tant que la perception automatique
ne sera pas instaurée.
Plusieurs des réformes profondes des vingt dernières années ont donné au droit de la famille un nouveau visage: plus moderne, mieux adapté à plusieurs égards mais aussi de plus en plus réglementé. Le droit de la famille est devenu un domaine de droit spécialisé ce qui fait en sorte que les couples devraient de plus en plus s'informer auprès de professionnels compétents avant de clore une entente ou de se présenter devant le tribunal. Nous espérons que les renseignements contenus ici sauront vous être utiles, le cas échéant. Cependant, le présent document n'est publié qu'à titre d'information et nous vous recommandons de consulter un avocat pour votre situation personnelle.
Voir aussi Le modèle québécois de fixation des pensions alimentaires pour enfants (Justice Québec)
Dernière mise à jour au 2 mars 2009
Avis. L'information présentée ici est de nature générale et est mise à votre disposition sans garantie aucune notamment au niveau de son exactitude ou de sa caducité. Cette information ne doit pas être interprétée comme constituant des conseils juridiques. Si vous avez besoin de conseils juridiques particuliers, vous devriez consulter un avocat.
Texte originale par Me Sophie Beauchemin, juge à la Cour municipale de Montréal
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