La fiducie : un outil pour minimiser
les impôts et plus…
Jean-Pierre
Berger, avocat, fiscaliste
CIME
Planification inc.
Contenu
Introduction
1. Avantages de la
fiducie
2. Genres de fiducies
2.1. La fiducie testamentaire
2.1.1.
La fiducie exclusive en faveur du conjoint
2.1.2. La fiducie
d'éducation
2.2. La fiducie
entre vifs
2.2.1.
La fiducie constituée dans un contexte de gel
2.2.2.
La fiducie exclusive en faveur du conjoint
2.2.3.
La fiducie en faveur d'enfants majeurs
2.2.4.
La fiducie en faveur d'enfants mineurs
3. Les
principaux acteurs de la fiducie
3.1. Le constituant
3.2. Le fiduciaire
3.3. Le bénéficiaire
4. Modification
et fin de la fiducie
Conclusion
Introduction
Le fractionnement du revenu entre les membres d'une famille
peut procurer des avantages fiscaux importants. Au Canada,
le calcul du revenu imposable s'effectue pour chaque particulier
et non pour une famille en entier. De plus, le régime d'imposition
canadien repose sur la progressivité des taux d'impôt, les
particuliers à faible revenu payant moins d'impôt que les
particuliers à revenu élevé.
Par conséquent, une méthode de planification fiscale courante
consiste à fractionner le revenu entre autant de membres de
la famille qu'il est possible afin d'utiliser les tranches
d'imposition progressive des membres de la famille.
Concrètement, il s'agit de transférer ou prêter certains
biens à une autre personne, normalement le conjoint ou les
enfants de l'auteur du transfert ou du prêt, dans le but de
réduire la facture d'impôt de l'unité familiale. Cet avantage
fiscal est le résultat de la combinaison de l'absence de déclaration
de revenu consolidé au niveau de la famille et de la progressivité
des taux d'impôt.
L'utilisation d'une société peut être un moyen intéressant
d'effectuer un fractionnement du revenu. Par exemple, si un
particulier transfère à une corporation certaines activités
commerciales et s'il permet à d'autres membres de sa famille
de détenir des actions dans le capital-actions de cette corporation,
on créera de nouvelles possibilités de fractionnement de revenu.
Le crédit d'impôt personnel de base permet aux canadiens
de toucher un revenu de 10 320$ (pour l'année fiscale 2009)
en franchise d'impôt et, grâce au mécanisme du crédit d'impôt
pour dividendes, un particulier qui n'a pas d'autre source
de revenu, peut recevoir approximativement 25 000$ en dividendes
et ne payer aucun impôt fédéral sur le revenu et un impôt
provincial d'environ 642$.
La loi de l'impôt sur le revenu du Canada (ci-après L.I.R)
et la Loi sur les impôts du Québec (ci-après L.I.), accordent
des crédits d'impôt et des déductions que les particuliers
peuvent multiplier en fractionnant leur revenu1.
Les plus fréquents sont : le crédit de base, le crédit pour
dividende, la déduction lors d'une contribution à un régime
enregistré d'épargne retraite et la déduction sur le gain
en capital réalisé lors de la vente d'actions admissibles
de petites entreprises.
Cependant, la détention d'actifs par des personnes mineures
peut comporter certains problèmes et la présence d'une fiducie
devient indispensable. C'est pourquoi un rapide tour d'horizon
permettra de mieux comprendre ce qu'est une fiducie tant au
niveau civil que fiscal. Une analyse sera effectuée afin de
cerner les avantages non fiscaux et les avantages fiscaux
d'utiliser une fiducie aux fins du fractionnement de revenus.
Même si ceci ne fait pas partie de l'analyse du présent
texte, il faut toujours avoir à l'esprit lors de la constitution
d'une fiducie que les règles "d'attribution" peuvent s'appliquer.
Les gouvernements n'apprécient pas le fractionnement de revenus
car il vient à l'encontre d'un grand principe de politique
fiscale, l'équité. C'est pourquoi les règles d'attribution
sont apparues afin de réattribuer le revenu fractionné à l'auteur
du transfert du bien. De plus, suite à de nombreux échec devant
les tribunaux concernant les dites règles d'attribution, le
Ministère des finances du gouvernement fédéral a instauré
en janvier 2000 une disposition législative afin de contrer
le fractionnement avec les personnes mineures. Cette nouvelle
disposition, contrairement aux règles d'attribution, fait
en sorte d'imposer le récipiendaire du revenu fractionné à
un taux marginal maximum au lieu de réattribuer le revenu
à l'auteur du transfert ou du prêt.
1. Avantages de
la fiducie
La participation des enfants à l'actionnariat pose certains
problèmes quant aux droits qu'ils peuvent exercer à titre
de mineurs. L'utilisation d'une fiducie discrétionnaire en
faveur des enfants permet de contourner ces problèmes et laisse
au fiduciaire le contrôle sur les droits que confère l'actionnariat
(votes, dividendes, etc.). Hormis le fractionnement de revenus,
la fiducie peut servir à protéger les actifs contre les créanciers
des bénéficiaires ou pour s'assurer l'utilisation d'un bien
par le conjoint jusqu'à son décès pour ensuite transférer
le droit de propriété aux enfants. La fiducie peut servir
aussi à s'assurer que les enfants auront un capital suffisant
afin de pourvoir aux frais engendrés par leurs études.
De façon générale, le fonctionnement est le suivant. La
fiducie est crée par un constituant (habituellement un grand-parent2)
en faveur des enfants du fiduciaire. Les pouvoirs sont conférés
au fiduciaire qui est la plupart du temps l'actionnaire principal.
Les pouvoirs sont très larges et peuvent être exercés de façon
discrétionnaire. Afin d'éviter l'application des règles d'attribution,
la fiducie doit souscrire au capital-actions de la société
à même ses propres fonds. L'argent peut provenir d'un prêt
avec intérêts qui sera remboursé avec des dividendes.
Lorsque des dividendes sont versés à la fiducie, le fiduciaire
peut utiliser les sommes pour assurer l'entretien de l'enfant
et son éducation. Il peut aussi remettre les sommes à l'enfant
ou les conserver à l'intérieur de la fiducie et accumuler
le capital. Les revenus de la fiducie peuvent être imposés
entre les mains de la fiducie ou des bénéficiaires du revenu.
Dans le cas où il s'agirait de bénéficiaires privilégiés3,
il est possible d'imposer les revenus entre leurs mains sans
qu'il y ait distribution des revenus.
2. Genres de fiducies
Au niveau fiscal il y a deux genres de fiducies. La fiducie
testamentaire et la fiducie non testamentaire dite " entre
vifs ". Ces deux genres de fiducie peuvent servir à fractionner
le revenu.
2.1. La fiducie
testamentaire
Les règles d'attribution cessent de s'appliquer aux revenus
et aux gains en capital imposables à l'égard des biens transférés
lorsque l'auteur d'un transfert décède. Par conséquent, il
devient beaucoup plus simple d'utiliser la fiducie pour effectuer
un fractionnement.
Le taux d'imposition des fiducies testamentaires s'établit
selon la même échelle progressive que celle des particuliers.
De plus, il est permis de répartir le revenu entre la fiducie
et les bénéficiaires. Par exemple, une fiducie a seulement
un bénéficiaire. Dans l'année, des revenus de l'ordre de 50
000$ sont réalisés par la fiducie4.
Il sera plus avantageux de répartir ces revenus entre le bénéficiaire
et la fiducie que de l'attribuer à un seul. La raison en est
fort simple, la progressivité des taux fait en sorte que l'impôt
sera moindre.
Illustrons cet exemple5. Un
particulier qui a un revenu de 50 000$ paiera un impôt d'environ
12 120$, soit au taux moyen de 24,3%. Si ce revenu est imposé
au niveau de la fiducie, l'impôt sera encore plus élevé puisque
la fiducie ne bénéficie pas des crédits d'impôt personnels.
Par contre, si les revenus sont répartis 50/50 entre le bénéficiaire
et la fiducie, l'impôt du bénéficiaire sera d'environ 3 778$
(15,2%) et l'impôt de la fiducie sera d'environ 7125$ (28,5%)
pour un total de 10 903$ (21,8%). Il y aura une économie potentielle
de 1298$ annuellement. D'autres répartitions peuvent être
plus avantageuses, l'optimisation sera obtenue en se servant
par exemple, des logiciels de calcul d'impôt.
Afin de pouvoir effectuer cette répartition, il faut qu'une
partie ou la totalité des revenus de la fiducie puisse être
payée au bénéficiaire aux termes du testament au cours de
l'année visée6. La flexibilité
est optimale s'il n'existe qu'un seul bénéficiaire ayant droit
à ces revenus et à ce capital, car la répartition est laissée
à la discrétion du fiduciaire.
Pour comprendre comment fonctionnent les fiducies testamentaires,
elles doivent être décomposées en plusieurs catégories. Nous
traiterons en particulier de la fiducie exclusive en faveur
du conjoint et de la fiducie d'éducation.
2.1.1.
La fiducie exclusive en faveur du conjoint
Ce type de fiducie est habituellement utilisé afin de reporter
l'impôt à payer. En effet, un transfert sans impôt est permis
afin de transférer au décès du contribuable le droit de propriété
de ses biens à une fiducie créée par le testament du contribuable
qui résidait au Canada immédiatement après le moment où les
biens ont été, par dévolution (une attribution des biens d'un
défunt à ses héritiers et à ses légataires) irrévocablement
acquis par la fiducie, et en vertu de laquelle d'une part,
l'époux ou conjoint de fait du contribuable, sa vie durant,
a droit à tous les revenus de la fiducie et d'autre part,
nulle autre personne que l'époux ou le conjoint de fait ne
peut, avant le décès de l'époux ou du conjoint de fait, recevoir
ou obtenir de toute autre façon l'usage de toute partie du
revenu ou du capital de la fiducie.
Dans le cas de la répartition des revenus entre la fiducie
et le conjoint, une flexibilité optimale est atteinte puisque
la répartition est arbitraire car il n'y a qu'un seul bénéficiaire
(par l'essence même cette fiducie, la fiducie exclusive se
doit de n'avoir qu'un seul bénéficiaire). Le fiduciaire peut
équilibrer sur une base annuelle les revenus fiscaux provenant
de la fiducie en choisissant de les répartir entre le bénéficiaire
et la fiducie.
2.1.2 La fiducie
d'éducation
Pour une succession importante (succession dont les actifs
nets de dette ont une valeur d'au moins 1 000 000$), le testateur
peut transférer suffisamment de biens à son conjoint pour
assurer son autonomie et transférer l'excédent dans une fiducie
en faveur d'un ou plusieurs enfants. Il est stratégiquement
préférable de transférer au conjoint, les biens qui occasionneront
des impôts au décès7 et de transférer
les autres biens, si possible, à la fiducie en faveur des
enfants.
Si les enfants sont encore à la charge du conjoint survivant,
les dépenses d'entretien et d'éducation peuvent être payées
au moyen des revenus imposés au niveau des enfants eux-mêmes
plutôt qu'au niveau du conjoint. En ce faisant, des avantages
fiscaux peuvent résulter en raisons de la progressivité des
taux d'imposition tel qu'expliqué auparavant.
Il est préférable d'utiliser une seule fiducie discrétionnaire
d'éducation pour tous les enfants. Une seule fiducie permet
une plus grande flexibilité dans la répartition périodique
des sommes en jeu. L'utilisation de plusieurs fiducies ferait
en sorte d'attribuer d'une façon définitive les biens de la
succession. Cependant, l'administration de chaque fiducie
serait personnelle à chacun des enfants. Il ne faut pas oublier
que la multiplication des fiducies entraîne un fractionnement
plus important si les revenus sont suffisants8.
2.2. La fiducie
entre vifs
Même si ce genre de fiducie est imposé au taux marginal
maximum, il demeure un véhicule très populaire de fractionnement.
En effet, il permet à l'actionnaire principal qui est aussi
le fiduciaire, de contrôler la société par l'entremise des
actions détenues par la fiducie.
La détention d'actions par un mineur peut causer des problèmes
puisque l'enfant mineur ne possède pas la capacité juridique
de contracter hormis les cas spécifiques prévus dans la loi
(art. 155 à 157 C.c.Q.). De plus, les pères et mères sont
tenus de faire l'inventaire des biens, de fournir une sûreté
garantissant leur administration, de rendre compte de leur
gestion annuelle et d'obtenir du conseil de tutelle ou du
tribunal des avis ou autorisations lorsque la valeur des biens
de l'enfant dépasse 25 000$ (art. 209 C.c.Q.). Avec l'utilisation
de la fiducie, plusieurs de ces problèmes sont résolus.
Plusieurs règles d'attribution ont vu le jour afin de contrer
le fractionnement avec le conjoint et les enfants. De plus,
une nouvelle règle rendant moins avantageux le fractionnement
avec les enfants mineurs est entrée en vigueur le 1er janvier
2000. Une planification adéquate permettra d'éviter l'application
de ces règles.
Une fiducie en faveur d'enfant majeur offre un plus grand
nombre de possibilités de fractionnement car elle n'est pas
visée, à quelques exception près, par les règles d'attribution.
Cependant, le conjoint et surtout les enfants mineurs ont
souvent des revenus quasi inexistants. C'est pourquoi l'effort
est déployé en ce sens afin d'empêcher ces planifications.
Regardons les types de fiducie entre vifs qui existent.
2.2.1
La fiducie constituée dans un contexte de gel
Cette planification est utilisée afin de transférer la plus-value
future d'un bien entre les mains d'une personne de son choix.
Elle est habituellement réalisée grâce à un roulement (transfert
sans incidence fiscale immédiate). En effet, l'impôt sur la
plus-value est reporté au moment de la disposition future
du bien par le bénéficiaire du roulement d'actions. L'actionnaire
détenant les actions possédant la plus-value (participantes),
les échange contre des actions privilégiées ne comportant
aucune participation aux profits et ayant une valeur de rachat
égale à la juste valeur des actions données en échange. Étant
donné que toute la valeur de la société est isolée dans cette
catégorie d'actions privilégiées, la fiducie souscrira pour
une valeur nominale aux nouvelles actions ordinaires de la
société. Idéalement, l'exonération pour gain en capital concernant
les actions admissibles de petites entreprises pourra être
multipliée autant de fois qu'il y aura de bénéficiaires avantagés
par le gel.
2.2.2.
La fiducie exclusive en faveur du conjoint
Comme pour le contexte testamentaire, la fiducie exclusive
en faveur du conjoint permet un roulement des biens à la fiducie
sans incidence fiscale. Pour avoir droit au roulement, aucune
autre personne que le conjoint ne doit avoir le droit de recevoir
la totalité des revenus de la fiducie, sa vie durant et aucune
autre personne ne peut recevoir ou obtenir l'usage de tout
ou partie du revenu ou du capital de la fiducie tant et aussi
longtemps que le conjoint sera vivant. Une fiducie qui ne
respecte pas ces conditions serait contaminée et ne pourrait
profiter du roulement discuté précédemment.
2.2.3.
La fiducie en faveur d'enfants majeurs
Cette fiducie permet de fractionner tous genres de revenus
incluant les gains en capital imposable et cela sans réattribution
des revenus. Pour une utilisation optimale, il faut que le
bénéficiaire soit sans revenu comme par exemple, un enfant
aux études. Mis à part les revenus provenant du fractionnement,
plus les revenus de l'enfant augmenteront moins il y aura
d'avantages à fractionner.
Ce genre de fiducie peut servir à avantager une autre personne
majeure ayant des revenus moindres afin de bénéficier de son
taux marginal inférieur. Lors de la constitution, il faudra
être prudent afin d'éviter les règles d'attribution.
2.2.4.
La fiducie en faveur d'enfants mineurs
Le fractionnement avec les enfants mineurs semble être le
plus populaire puisque depuis le 1er janvier 2000, une disposition
spécifique concerne ce sujet. L'historique est simple, le
fractionnement est devenu une plaie aux yeux du fisc, alors
que les règles d'attribution sont pratiquement sans effet
grâce aux planifications de plus en plus élaborées. C'est
pourquoi est apparue cette nouvelle disposition.
C'est à se demander si ce genre de fiducie a encore son
utilité. Heureusement, des planifications personnalisées permettent
de se soustraire de l'application de cet impôt spécial. Par
exemple, ni les règles d'attribution ni le nouvel impôt spécial
ne s'appliquent au gain en capital imposable. De plus, l'augmentation
de valeur de la fiducie causée par des biens agricoles ou
des actions admissibles de petites entreprises peut permettre
à chacun des bénéficiaires d'utiliser son exonération pour
gains en capital de $750 000.
3.
Les principaux acteurs de la fiducie
3.1. Le constituant
Le constituant est celui qui transfère des biens dans le
patrimoine fiduciaire. Comme nous l'avons vu, il peut être
fiduciaire s'il n'est pas le seul, et il peut être aussi bénéficiaire
du revenu et du capital. Le constituant ou ses héritiers peuvent
récupérer les biens de la fiducie en cas d'impossibilité de
les remettre aux bénéficiaires. Il est préférable de s'assurer
que les biens pourront être récupérés par les bénéficiaires
du capital de la fiducie, car le retour des biens dans le
patrimoine du constituant peut occasionner des problèmes fiscaux.
Au niveau fiscal, l'ingérence du constituant dans l'administration
de la fiducie ou sa participation à titre de bénéficiaire,
peut avoir comme conséquence l'application des règles d'attribution.
3.2. Le fiduciaire
Un fiduciaire doit être une personne pleinement capable
de l'exercice de ses droits ou être une société autorisée
par la loi. S'il y a plusieurs fiduciaires de nommés, ils
agissent selon la majorité à moins que l'acte ou la loi ne
prévoie qu'ils agissent de concert ou selon une proportion
déterminée. Le fiduciaire doit administrer de manière prudente
et diligente. Il doit être honnête, loyal et éviter les conflits
d'intérêts. Il n'est pas responsable envers les tiers à moins
qu'il outrepasse ses pouvoirs. Cependant, il est responsable
envers le bénéficiaire de tout acte qu'il fait en dehors des
limites de ses pouvoirs. Finalement, il peut être bénéficiaire
s'il agit conjointement avec un fiduciaire qui n'est ni constituant,
ni bénéficiaire.
3.3. Le bénéficiaire
Le bénéficiaire a droit aux fruits et revenus ou au capital
de la fiducie ou aux deux. Sa part est fixé par le constituant
ou est laissée à la discrétion du fiduciaire. Le bénéficiaire
n'a aucun droit réel dans les biens de la fiducie. Le bénéficiaire
a le droit de surveiller et de contrôler l'administration
fiduciaire. Ce contrôle s'exerce en consultant les livres
et les pièces justificatives et cela en tout temps.
4. Modification
et fin de la fiducie
Toute personne peut augmenter le patrimoine de la fiducie
sans qu'elle acquière les droits d'un constituant. Ces biens
ainsi transférés, se confondent dans le patrimoine de la fiducie.
Il est très important de noter qu'un tel apport peut, au niveau
fiscal, faire perdre le caractère testamentaire d'une fiducie
créée par testament. Comme nous l'avons vu, ce type de fiducie
est imposé selon une base progressive de taux. Une telle transformation
aurait pour conséquence d'imposer les revenus au taux des
fiducies non testamentaires, soit au taux marginal maximum.
Lorsque la fiducie a cessé de répondre à la volonté première
du constituant, tout intéressé peut demander au tribunal d'y
mettre fin. Le tribunal peut aussi modifier l'acte constitutif
de la fiducie, si cela permet de mieux respecter la volonté
du constituant. Lorsque la fiducie prend fin, à défaut de
bénéficiaire du capital, le fiduciaire remet au constituant
ou à ses héritiers, le résidu des biens.
5. Conclusion
La fiducie, tout en étant un outil fort intéressant pour
épargner au niveau fiscal, n'est pas pour tous. Des frais
de mise en place et des frais annuels de gestion de plusieurs
milliers de dollars sont souvent suffisant pour éliminer tous
les avantages de la fiducie. Pour en connaître plus sur les
fiducies, parlez-en à votre avocat, notaire, comptable ou
planificateur financier.
Notes
1. Par souci d'allégement,
seules les références à la Loi de l'impôt sur le revenu du
Canada seront données. À moins d'indication contraire, les
dispositions de la Loi sur les impôts du Québec sont au même
effet que ceux de la Loi de l'impôt sur le revenu du Canada.
2. Car les règles d'attribution, peuvent
s'appliquer aux revenus lorsque le constituant est fiduciaire.
3. Par. 108(1) L.I.R.: Depuis 1995, seul un bénéficiaire handicapé
physiquement ou mentalement est visé par la définition.
4. Ce sont des revenus autres que des revenus de dividendes.
Pour un revenu de dividendes les calculs seraient différents,
mais la dynamique demeure la même.
5. Les projections sont calculées pour une personne célibataire
n'ayant aucune personne à charge.
6. Ce choix est possible grâce à l'application des paragraphes
104(13.1) et 104(13.2) L.I.R.
7. Ces biens sont des immobilisations ayant une plus-value
latente qui entraînera un gain en capital au décès à cause
de la règle de la disposition présumée.
8. Par contre, plusieurs fiducies peuvent être réputées n'être
qu'une seule aux fins de la L.I.R.
Dernière mise à jour : 5 juin 2009
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veuillez consulter un avocat ou un notaire.
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