Obtenir une juste compensation de la
SAAQ
Par Me Janick
Perreault, Ad. E., Montréal
Contenu
ACCIDENT D'AUTOMOBILE : QUELS SONT LES
RECOURS DISPONIBLES?
COMMENT FAIRE UNE RÉCLAMATION À
LA SAAQ?
COMMENT CONTESTER UNE DÉCISION DE LA SAAQ?
QUELLES SONT LES INDEMNITÉS VERSÉES?
L'INDEMNITÉ DE REMPLACEMENT
DU REVENU
L'INDEMNITÉ POUR LE PRÉJUDICE NON PÉCUNIAIRE
L'AIDE PERSONNELLE ET L'ALLOCATION DE DISPONIBILITÉ
LE REMBOURSEMENT DE FRAIS DE TRAITEMENTS ET DE DÉPLACEMENTS
L'INDEMNITÉ DE DÉCÈS
LES PROCHES DE LA VICTIME ONT-ILS DES DROITS?
POUR PLUS D'INFORMATIONS?
ACCIDENT AUTOMOBILE : QUELS
SONT LES RECOURS DISPONIBLES?
Vous avez été victime d'un accident d'automobile et vous
désirez obtenir une juste compensation; en quoi consistera-t-elle
et quels sont vos recours? Le présent texte répond brièvement
à ces questions.
En 1978, le législateur québécois a instauré un régime étatique
d'indemnisation du préjudice corporel des victimes d'accident
d'automobile sans égard à la responsabilité. Ainsi, au Québec,
l'indemnisation du préjudice corporel résultant d'un accident
d'automobile n'est plus soumise aux règles de droit commun
et en conséquence, nulle action ne peut être intentée devant
les tribunaux contre le responsable de l'accident. Ce qui
signifie que pour tout individu victime d'un accident d'automobile
survenu dans la province de Québec, le seul recours disponible
consiste en une réclamation à la Société de l'assurance automobile
du Québec, la SAAQ, qu'il soit le conducteur ou le passager
de l'automobile, résidant du Québec ou non. Les résidants
du Québec peuvent même réclamer à la SAAQ pour les accidents
survenus à l'extérieur du Québec. Donc, que vous soyez responsable
ou non d'un accident survenu au Québec, vous avez droit aux
indemnités et vous ne pouvez poursuivre la personne responsable
de l'accident et ce, qu'il s'agisse d'un fabricant d'automobile
qui a conçu une voiture avec un vice, d'un mécanicien qui
a mal réparé la voiture, d'un conducteur imprudent ou même
d'un criminel de la route. Pour les accidents survenus hors
Québec, vous avez aussi droit de réclamer à la SAAQ, mais
vous pouvez aussi, selon l'endroit, entreprendre une action
judiciaire à l'étranger, voire être poursuivi à l'étranger
si vous êtes responsable de l'accident.
En cas d'accident d'automobile, la SAAQ reçoit la réclamation
de la victime pour déterminer s'il s'agit d'un accident couvert
par le régime d'indemnisation du préjudice corporel des victimes.
Une fois l'admissibilité reconnue, les compensations qui s'offrent
aux victimes d'un accident d'automobile sont les indemnités
prévues à la Loi sur l'assurance automobile et dans plusieurs
règlements adoptés en vertu de cette loi. Parmi ces indemnités
se trouvent notamment, l'indemnité de remplacement du revenu,
l'indemnité pour frais de garde, l'indemnité de décès, l'indemnité
pour le préjudice non pécuniaire et le remboursement de traitements.
COMMENT FAIRE UNE RÉCLAMATION
À LA SAAQ?
À la suite d'un accident d'automobile, une personne qui prétend
avoir droit à des indemnités doit s'adresser à la SAAQ en
produisant, à l'intérieur d'un délai de 3 ans suivant l'accident,
une demande d'indemnité. Une fois que la SAAQ a rendu une
décision d'admissibilité d'une victime, s'amorce le processus
d'indemnisation. La SAAQ rend alors diverses décisions indiquant
dans chacune quelles sont les indemnités versées. La plupart
de ces décisions peuvent être contestées si la victime n'est
pas d'accord avec celles-ci.
COMMENT CONTESTER UNE DÉCISION
DE LA SAAQ?
Lorsqu'une victime reçoit une décision de son agent d'indemnisation
et qu'elle veut la contester, elle doit transmettre par écrit
une demande de révision, dans un délai de 60 jours. Il s'écoulera
plusieurs semaines, voire quelques mois avant que le service
de la révision administrative de la SAAQ analyse la contestation
et rende une nouvelle décision, par l'entremise d'un réviseur.
Si après 90 jours, le réviseur n'a toujours pas statué sur
la contestation, il est possible de contester la décision
devant le Tribunal administratif du Québec.
Néanmoins, avant que le réviseur rende une nouvelle décision,
la victime doit constituer sa preuve, telle que l'obtention
de rapports médicaux et de rapports d'experts, et la transmettre
au service de la révision administrative. Il est possible
que la décision contestée soit confirmée c'est-à-dire que
le réviseur ne modifie pas la décision antérieure. D'ailleurs,
selon les statistiques, les décisions, dans un fort pourcentage,
sont confirmées. Malgré ce constat, les personnes disposent
d'un autre recours, soit la contestation de la décision du
service de la révision administrative devant le Tribunal administratif
du Québec.
À la réception de la décision du service de la révision administrative,
la victime qui demeure insatisfaite de la décision peut encore
contester en déposant, dans un délai de 60 jours, une contestation
devant le Tribunal administratif du Québec, soit une "requête
introductive d'un recours" dûment signée au Tribunal ou au
greffe de la Cour du Québec, accompagnée de certains documents.
Il s'écoulera encore plusieurs mois avant qu'une audience
soit tenue pour entendre la victime et ses témoins, le cas
échéant. Pendant cette période d'attente, il est important
que la victime constitue sa preuve et se prépare en vue de
l'audition. Cette préparation est d'autant plus importante
que les décisions du Tribunal administratif sont finales et
sans appel et par conséquent, la victime n'aura, généralement,
pas d'autres recours à sa disposition si elle perd. L'audition
devant le Tribunal administratif du Québec est donc importante
et sa préparation ne doit pas être prise à la légère.
Après le dépôt de la requête et avant qu'une date d'audience
soit fixée, il est possible que le Tribunal vous convoque
à une conférence de gestion ou encore vous propose une séance
de conciliation. Lors de la conférence de gestion, les parties,
la victime et la SAAQ, conviennent notamment du déroulement
de l'instance en précisant les engagements de chacune des
parties et fixent un calendrier des échéances à respecter
dont ceux pour la communication des pièces supplémentaires.
De plus, la loi prévoit, qu'avec le consentement des parties
ou sur convocation du tribunal, une séance de conciliation
peut avoir lieu. Si une séance de conciliation est convoquée,
les parties sont tenues d'y participer. Si la conciliation
est offerte, il revient aux parties d'y répondre. La conciliation
constitue une mesure procédurale visant le règlement à l'amiable.
La conciliation a lieu à huis clos, sans frais, et est tenue
en présence des parties et de leur représentant et peuvent
s'y ajouter des personnes dont la présence est considérée,
par le conciliateur ou les parties, utile au règlement du
litige. À moins d'une entente entre les parties, rien de ce
qui a été dit ou écrit au cours d'une séance de conciliation
n'est recevable en preuve. Tout accord de conciliation doit
être constaté par écrit et signé par le conciliateur, les
parties et leur représentant. L'accord de conciliation met
fin à l'instance et devient exécutoire comme une décision
du Tribunal, si la séance de conciliation a été présidée par
un membre du Tribunal.
La conciliation constitue pour le Tribunal une étape importante
et d'ailleurs, elle est utilisée pour régler les litiges des
citoyens en assurance automobile, chaque fois que la nature
et les circonstances des recours le permettent. Il est fréquent
qu'un accord de conciliation intervienne, mettant ainsi fin
au litige tout en évitant qu'une audience soit tenue.
Si aucune séance de conciliation n'est tenue ou en cas d'échec
en conciliation, le Tribunal convoquera les parties à une
audience. Lors de cette audience, la SAAQ est représentée
par avocat. La victime peut choisir de se représenter seule
ou être représentée par un avocat. Rappelons qu'il est très
important de bien préparer l'audition et, dans cette optique,
il ne faut pas attendre l'avis de convocation pour constituer
sa preuve à l'appui de sa contestation. En effet, dès qu'une
requête est produite au Tribunal, la personne doit entreprendre
les démarches pour obtenir et produire au dossier du Tribunal
tous les éléments de preuve requis; souvent il s'agit du dossier
médical complet et, dans bien des cas, il est utile d'obtenir
une expertise. La personne qui conteste doit appuyer sur une
preuve prépondérante les raisons pour lesquelles elle conteste
une décision. Parmi les moyens disponibles pour faire accepter
une réclamation, une victime peut faire appel aux services
d'expert. Le rôle de l'expert est notamment de déterminer
si un problème de santé découle de l'accident et si oui, de
déterminer les limitations fonctionnelles reliées à ce problème
et de préciser si des traitements sont requis pour pallier
à ce problème. L'expert peut donner son opinion sur la capacité
d'une victime à travailler et sur l'étendue de ses séquelles.
L'analyse de l'expert permet d'apporter des arguments supplémentaires
et nécessaires à la victime pour démontrer qu'une décision
est erronée et qu'elle doit être modifiée.
Finalement, après avoir obtenu gain de cause, il y a lieu
d'assurer le suivi auprès de la SAAQ pour recevoir le paiement
de toutes les indemnités auxquelles vous avez droit. Pour
ce faire, il importe de transmettre tous les documents requis
tels que les factures reliées au litige. Si vous avez soumis
une expertise, il est important d'en réclamer le remboursement
à la SAAQ puisqu'une expertise médicale est remboursable jusqu'à
concurrence de 600$ lorsque la victime obtient gain de cause.
QUELLES SONT LES INDEMNITÉS
VERSÉES?
L'indemnité de remplacement
du revenu
À la suite d'un accident d'automobile, une victime peut se
retrouver incapable totalement de travailler ou du moins être
incapable d'exercer son emploi habituel. En vertu de la Loi
sur l'assurance automobile, une indemnité de remplacement
du revenu est versée, aux 14 jours, lorsque la victime ne
peut, en raison de l'accident, exercer un emploi. Le montant
de l'indemnité varie selon la perte de revenu réelle subie
par la victime équivalant à 90% du revenu net jusqu'à concurrence
d'un plafond maximal, soit 66 000$ en 2012. Cependant, la
loi n'empêche pas une victime de réclamer à son assureur si
elle bénéficie d'un régime privé d'assurance-invalidité.
Cette indemnité de remplacement du revenu qui sert à compenser
la perte salariale est versée tant et aussi longtemps que
la victime demeure incapable totalement de travailler. En
revanche, dans le cas d'une victime qui demeure incapable
d'exercer son emploi habituel mais conserve une certaine capacité
à travailler, les pleines indemnités versées aux 14 jours
le sont généralement pendant trois ans; après ce délai, seule
une rente résiduelle peut être versée. En effet, lorsqu'une
victime demeure avec des limitations fonctionnelles permanentes
qui la rendent incapable de reprendre son emploi, la SAAQ
procède à la détermination d'un emploi. Cette détermination
permet de fixer le revenu que la victime peut dorénavant générer.
Lorsque la SAAQ détermine un emploi, les pleines indemnités
versées aux 14 jours sont encore payées pendant une année
complète. À l'expiration de cette année, la victime a droit
à une rente résiduelle si le revenu associé à l'emploi déterminé
est moins élevé que celui généré au moment de l'accident.
La rente résiduelle correspond à la différence entre le revenu
généré au moment de l'accident et celui associé à l'emploi
déterminé. Par exemple, si une victime avait un emploi procurant
des revenus bruts de 30 000$ au moment de l'accident et que
l'emploi déterminé ne procure que des revenus bruts de 20
000$, la rente résiduelle brute sera calculée sur un montant
de 10 000$. L'indemnité de remplacement du revenu est réduite
que la victime occupe ou non l'emploi déterminé.
L'indemnité pour le préjudice
non pécuniaire
À la suite d'un accident d'automobile, certaines victimes
conservent des séquelles qui ont un impact sur leur qualité
de vie. La victime a alors droit à une indemnité forfaitaire
pour le préjudice non pécuniaire; il s'agit de l'indemnisation
pour les inconvénients causés par les blessures et par les
séquelles incluant la douleur, la souffrance et la perte de
jouissance de la vie. En 2012, le montant maximal pouvant
être versé pour le préjudice non pécuniaire est de 225 822$.
Ce qui signifie que chaque déficit de 1 % donne droit à une
indemnité forfaitaire de 2 258$, sous réserve de l'application
des dispositions législatives relatives aux résidus successifs.
Le régime législatif applicable à l'indemnisation du préjudice
non pécuniaire prévu à la Loi sur l'assurance automobile a,
au fil des ans, subi quelques modifications et l'indemnisation
varie selon la date de l'accident. Trois règlements existent
actuellement. Pour les accidents survenus à compter du 1er
mars 1978 jusqu'au 31 décembre 1989, l'évaluation des séquelles
s'effectue selon le Règlement sur certaines indemnités forfaitaires
mentionnées à l'article 44 de la Loi sur l'assurance automobile.
Pour les accidents survenus à compter du 1er janvier 1990
jusqu'au 31 décembre 1999, le règlement applicable est le
Règlement sur les atteintes permanentes et le montant maximal
est de 181 509$, en 2012. L'évaluation pour les victimes d'accident
survenu à compter du 1er janvier 2000 se fait en conformité
avec le Règlement sur l'indemnité forfaitaire pour préjudice
non pécuniaire et le montant maximal est de 225 822$, en 2012.
La façon de fixer le montant de l'indemnité peut se résumer
comme suit: l'indemnité est égale au produit obtenu en multipliant
le montant maximum en vigueur au moment de la décision par
le pourcentage de l'atteinte. Par exemple, une victime ayant
subi une entorse cervicale qui entraîne une difficulté modérée
pour les activités exigeant le déplacement et le maintien
de la tête se verra reconnaître une classe de gravité 2 équivalant
à un déficit de 4% qui lui donnera droit à une indemnité de
9 032$ (225 822$ x 4% = 9 032$). Si la victime souhaite obtenir
une compensation plus élevée, elle devra démontrer que son
état correspond plutôt à une classe de gravité 3 équivalant
à un déficit de 8 % donnant droit à une indemnité de 18 065$
(225 822$ x 8 % = 18 065$). Pour ce faire, elle devra démontrer
que sa condition présente plutôt une difficulté importante
pour les activités exigeant le déplacement et le maintien
de la tête.
Lorsque l'agent d'indemnisation vous informe de la décision
qui "règle" le dossier en ce qui a trait aux séquelles découlant
de l'accident, si vous êtes insatisfait de ce "règlement"
qui parfois peut sembler dérisoire; est-il possible de contester
et d'obtenir plus? La réponse est oui. Afin de déterminer
le montant forfaitaire devant être versé à une victime d'un
accident d'automobile, il faut évaluer les séquelles et fixer
leur classe de gravité conformément au Règlement sur l'indemnité
forfaitaire pour préjudice non pécuniaire. Or, il existe deux
façons de procéder à l'évaluation, soit l'évaluation globale
pondérée qui dépend d'une diminution de la mobilisation active
ou l'évaluation par l'impact des conséquences de l'accident
sur l'individu. Tel que le prévoit le règlement, on doit retenir,
parmi les classes de gravité, la situation ayant l'impact
le plus important parmi toutes les situations énumérées au
règlement. Il est donc pertinent pour les victimes de s'assurer
que l'impact le plus important a bel et bien été pris en compte
dans la détermination de la classe de gravité servant à établir
le montant de l'indemnité forfaitaire pour le préjudice non
pécuniaire.
L'aide personnelle et l'allocation
de disponibilité
Trop souvent malheureusement, les victimes ne savent pas
qu'elles ont droit de réclamer une aide personnelle
pour la période où elles ne peuvent s'occuper totalement d'elles-mêmes
ou d'effectuer sans aide certaines activités essentielles
de la vie quotidienne. Ces victimes ont droit au remboursement
des frais pour une aide personnelle à domicile, sur présentation
de pièces justificatives; le montant maximal est de 806$ par
semaine pour l'an 2012. La nécessité d'une aide personnelle
peut découler tant de raisons physiques que psychologiques.
À titre d'exemple, une immobilisation peut nécessiter de l'aide
pour les déplacements et pour l'entretien ménager. Il peut
aussi s'agir d'une personne portant un plâtre qui nécessite
qu'on l'aide pour son hygiène personnelle et la préparation
de repas.
La personne qui accompagne ou qui doit être présente auprès
d'une personne dont l'état physique ou psychique ou l'âge
le requiert et qui doit recevoir des soins médicaux et paramédicaux
ou se soumettre à un examen exigé par la SAAQ, a droit à une
allocation de disponibilité et au remboursement des frais
engagés à titre de déplacement et de séjour. L'allocation
de disponibilité compense l'accompagnateur, qu'il subisse
ou non une perte de salaire. L'accompagnateur doit présenter
des pièces pour justifier sa présence et les frais engagés.
L'allocation de disponibilité est de 35$ pour une disponibilité
de quatre heures ou moins et de 70$ pour une disponibilité
de plus de quatre heures.
Le remboursement de frais de traitements
et de déplacements
Les frais reliés aux soins médicaux et paramédicaux, aux
déplacements et aux séjours en vue de recevoir ces soins sont
remboursés à la victime. Ces frais sont remboursables selon
certaines conditions; les soins doivent être requis médicalement
et offerts par un médecin, un dentiste ou un optométriste
et, s'ils sont offerts par d'autres professionnels de la santé,
ils doivent l'être sur ordonnance médicale. Il est exigé que
les traitements soient donnés par un professionnel de la santé
au sens du Code des professions et c'est ainsi que, par exemple,
des traitements de massothérapie ne peuvent être remboursés
puisqu'ils ne sont pas prodigués par un professionnel de la
santé. Les frais de psychologie sont remboursés à raison de
65$ par heure de traitement, les frais d'acupuncture à 26$
par séance et les traitements de chiropractie le sont à 31$.
Quant aux frais de physiothérapie et d'ergothérapie ils sont
remboursés à 36$ par séance de traitement.
L'indemnité de décès
Malheureusement, certains accidents d'automobile causent
des décès. La mort d'une victime en raison de l'accident donne
droit aux indemnités de décès prévues à la Loi sur l'assurance
automobile. Les personnes à charge de la victime ont droit
à une indemnité de décès qui est versée sous forme d'un montant
forfaitaire. Outre les personnes à charge, les parents d'une
victime mineure ont droit à une indemnité de décès de même
que la succession de la victime majeure sans personne à charge.
La personne à charge est celle qui se qualifie comme telle
à la date du décès. La Loi sur l'assurance automobile énumère
les personnes considérées à charge de la victime; il s'agit
de:
- le conjoint, soit la personne qui est liée par un mariage
ou une union civile à la victime et cohabite avec elle ou
qui vit maritalement avec la victime, qu'elle soit de sexe
différent ou de même sexe et qui est publiquement représentée
comme son conjoint depuis au moins trois ans; ou, depuis
au moins un an si un enfant est né ou à naître de leur union;
ou si elles ont conjointement adopté un enfant ou encore
si l'une d'elles a adopté un enfant de l'autre;
- la personne qui est séparée de fait ou légalement de
la victime ou dont le mariage ou l'union civile avec celle-ci
est dissous ou déclaré nul par un jugement définitif ou,
encore dont l'union civile est dissoute par une déclaration
commune notariée de dissolution et qui a droit de recevoir
de la victime une pension alimentaire en vertu d'un jugement
ou d'une convention;
- l'enfant mineur de la victime et la personne mineure
à qui la victime tient lieu de mère ou de père;
- l'enfant majeur de la victime et la personne majeure
à qui la victime tient lieu de mère ou de père, à la condition
que la victime subvienne à plus de 50 % de leurs besoins
vitaux et frais d'entretien;
- toute autre personne liée à la victime par le sang ou
l'adoption et toute autre personne lui tenant lieu de mère
ou de père, à la condition que la victime subvienne à plus
de 50% de leurs besoins vitaux et frais d'entretien.
Le conjoint survivant d'une victime, à la date du
décès de celle-ci, a droit à une indemnité forfaitaire qui
varie en fonction de l'âge et du revenu de la victime décédée.
Cette indemnité est calculée en multipliant le revenu brut
de la victime par un facteur de un à cinq selon l'âge de la
victime à la date de son décès. Par exemple, le conjoint d'une
victime âgée de 50 ans dont le revenu brut annuel est de 30
000$, a droit à une indemnité forfaitaire de 120 000$ puisque
le revenu est multiplié par un facteur de 4 selon la loi pour
les victimes âgées de 50 ans. Malgré cette méthode de calcul,
l'indemnité forfaitaire ne peut être inférieure à 62 400$
ni supérieure à 330 000$, en 2012.
L'ex-conjoint peut, dans certains cas, être considéré
comme une personne à charge au sens de la loi si, au moment
du décès, il a droit de recevoir de la victime une pension
alimentaire en vertu d'un jugement ou d'une convention qui
peut être écrite ou verbale en autant qu'elle soit prouvée.
Le montant de l'indemnité est de 30 588$ en 2012.
L'enfant mineur d'une victime a droit à une indemnité
forfaitaire dont le montant est prévu dans une annexe de la
Loi sur l'assurance automobile, en fonction non pas de l'âge
de la victime mais de celui de l'enfant à la date du décès.
Le montant de l'indemnité varie, en 2012, de 30 588$ à 56
352$ selon que l'enfant est âgé de 16 ans ou plus ou de moins
d'un an. Ainsi, par exemple, l'enfant âgé de 10 ans d'une
victime décédée, recevra 40 251$; l'enfant âgé de moins d'un
an recevra 56 325$ et l'enfant âgé de 16 ans ou plus recevra
30 588$. Outre l'enfant biologique ou adoptif, les personnes
mineures à qui la victime tient lieu de mère ou de père ont
également droit à une indemnité de décès. Ainsi, une personne
mineure peut réclamer une indemnité de décès même si ses deux
parents naturels vivent encore puisque plusieurs personnes
peuvent se qualifier comme mère ou père au sens de la Loi
sur l'assurance automobile.
Quant à l'enfant majeur de la victime, il a droit
à une indemnité de décès à la condition que la victime subvenait
à plus de 50% de ses besoins vitaux et frais d'entretien.
Le montant de l'indemnité est de 30 588$, en 2012. Les besoins
vitaux et les frais d'entretien sont constitués notamment
des frais de logement, d'habillement, de nourriture, d'éducation
et de sorties.
Il est à noter que ce ne sont pas seulement les enfants de
la victime qui peuvent réclamer une indemnité de décès; toute
autre personne liée à la victime par le sang ou l'adoption
et toute autre personne étrangère tenant lieu de mère ou de
père à la victime ou à qui la victime tient lieu de mère ou
de père, à la condition que la victime subvenait à plus de
50% de leurs besoins vitaux et frais d'entretien. Par exemple,
une grand-mère pourrait réclamer une indemnité de décès si
son petit-fils décédé dans un accident d'automobile subvenait
à plus de 50% de ses besoins..
Lorsqu'une victime mineure n'a pas de personne à charge
à la date de son décès, une indemnité forfaitaire de 51 617$,
en 2012, est versée à sa mère et à son père en parts
égales. Aux termes de la Loi sur l'assurance automobile, la
mère ou le père de la victime comprend la personne qui tient
lieu de mère ou de père à la victime lors de son décès. La
loi prévoit donc que des personnes qui agissent dans les faits
comme des parents soient considérées comme mère et père et
aient droit à l'indemnité de décès. Il peut s'agir des grands-parents
tenant les rôles de mère et père de la victime. Plusieurs
personnes peuvent donc se qualifier comme mère ou père et
être conjointement admissibles à l'indemnité de décès, par
exemple, si la preuve révèle la présence d'une mère naturelle,
d'une mère de substitution et d'un père naturel, ces trois
personnes se divisent l'indemnité de décès prévue pour les
parents.
La personne qui a droit à une indemnité forfaitaire de décès
a aussi droit au remboursement des frais qu'elle a engagés
pour suivre un traitement de psychologie, jusqu'à concurrence
de 15 heures de traitement et ce, aux conditions et selon
les montants maximums prévus par règlement.
Si, à la date du décès, la victime est majeure et n'a pas
de personne à charge, l'indemnité est versée à sa succession,
soit 51 617$ en 2012. De plus, tout décès d'une victime donne
droit, en l'an 2012, à une indemnité forfaitaire de 4 826$
pour les frais funéraires, versée à la succession.
LES PROCHES DE LA VICTIME ONT-ILS
DES DROITS?
Votre enfant ou votre conjoint a été victime d'un accident
d'automobile et bien que vous n'étiez pas impliqué dans l'accident,
il est possible que les blessures subies par eux aient des
effets sur votre vie. Vous êtes alors une "victime par ricochet",
c'est-à-dire que vous n'avez pas été impliqué dans l'accident,
n'avez subi aucune atteinte à votre intégrité mais vous demeurez
quand même affecté par la survenance d'un accident à une autre
personne, un proche de votre famille. Il peut s'agir d'une
personne qui, en raison d'un accident subi par son conjoint,
est tenue de s'occuper de celui-ci devenu paraplégique, ou
il peut s'agir du parent d'un enfant qui, à la suite d'un
accident, nécessite des soins au point où le parent cesse
de travailler. Il pourrait aussi s'agir d'une personne qui,
à la vue d'un accident, a un choc nerveux. Dans un tel cas,
avez-vous droit de réclamer à la SAAQ au même titre que les
victimes immédiates? La réponse est non, sauf exception.
Selon un jugement récent, une personne qui avait droit à
une indemnité de décès devait être considérée comme
une victime à part entière et avait ainsi droit aux diverses
autres indemnités prévues à la loi. Cependant, ce n'est plus
le cas depuis le 10 décembre 2010 car la définition de victime
a été modifiée; seule la personne qui subit un préjudice corporel
"dans" un accident est une victime.
POUR PLUS D'INFORMATIONS?
Pour en savoir plus sur toutes les indemnités pouvant
être réclamées et sur tous les moyens
de contestation, consultez l'ouvrage : PERREAULT, Janick,
Assurance
automobile au Québec: L'indemnisation du préjudice
corporel des victimes d'accident d'automobile, 3e
édition, Publications CCH Ltée, Brossard, 2010.
Site internet : Publications
CCH Ltée
Dernière mise à jour : 5 mars 2012
Avis : L'information
présentée ici est de nature générale et est mise à votre disposition
sans garantie notamment au niveau de son exactitude ou de
sa caducité. Cette information ne doit pas être interprétée
comme constituant des conseils juridiques. Si vous avez besoin
de conseils juridiques particuliers, vous devriez consulter
un avocat.
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