Foire aux questions
juridiques
(FAQ)
CONSOMMATEUR
ET SA PROTECTION
Si vous ne
trouvez pas réponse ci-dessous, ou pour une question
d'ordre juridique particulière, communiquer avec les
avocats de chez AXA Assistance qui pourront vous aider www.avocat.qc.ca/aide
Auteurs :
Me Marc Gélinas et autres collaborateurs avocats et notaires de Jurismedia
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Avertissement :
L'information
présentée ici est de nature générale
et est mise à votre disposition sans garantie
aucune notamment au niveau de son exactitude ou
de sa caducité. Cette information ne doit
pas être interprétée comme constituant
des conseils juridiques. Si vous avez besoin de
conseils juridiques particuliers, vous devriez consulter
un avocat ou notaire.
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Questions
par sujet
CONSOMMATEUR
ET SA PROTECTION
CONSOMMATEUR
ET SA PROTECTION
Un
vendeur d’un bien, meuble ou immeuble, doit-il fournir une
garantie à l’acheteur?
(Haut de la page)
Nous ne traiterons
pas des garanties offertes par la Loi sur la protection
du consommateur puisque celle-ci ne s’applique que lorsqu’il
y a un contrat conclu entre un consommateur et un commerçant
dans le cours de son commerce et ayant pour objet un bien
ou un service. Nos propos ne se rapporteront qu’aux obligations
imposées par le Code civil du Québec.
À titre d’exemple, si vous vendez votre maison ou votre
automobile à un tiers, c’est le Code civil du Québec
qui s’appliquera.
En vertu de l’article
1716 C.c.Q., le vendeur d’un bien, quel qu’il soit, est tenu
de garantir le droit de propriété et la qualité
(soit les vices cachés). C’est ce qu’on appelle la
garantie légale, c’est-à-dire que cette garantie
s’applique à la vente même si elle n’est pas
stipulée au contrat. Par contre, en vertu de l’article
1732 C.c.Q., les parties peuvent ajouter à la garantie,
c’est-à-dire l’augmenter, en diminuer les effets ou
l’exclure entièrement, sauf que le vendeur ne peut
jamais se dégager de ses faits personnels.
- Garantie
du droit de propriété
La garantie du
droit de propriété couvre les défauts
de titre et certains troubles de fait. En ce qui concerne
les défauts de titre, le vendeur, en vertu de l’article
1723 C.c.Q., est tenu de garantir à l’acheteur que
le bien est libre de tous droits, à l’exception de
ceux qu’il a déclarés lors de la vente. De même,
il doit purger toutes les hypothèques qui grèvent
le bien, sauf si l’acheteur a assumé une dette ainsi
garantie. Aussi, en vertu de l’article 1725 C.c.Q., le vendeur
se porte garant envers l’acheteur de toute violation aux limitations
de droit public qui grèvent le bien et qui échappent
au droit commun de la propriété. Ces limitations
de droit public résultent essentiellement des règlements
municipaux (zonage, construction, etc.) et des règlements
provinciaux (environnement, sécurité, etc.).
Cette garantie ne s’applique pas lorsque le vendeur a dénoncé
les limitations ou lorsqu’un acheteur prudent et diligent
aurait pu les découvrir par la nature, la situation
et l’utilisation des lieux ou lorsque les limitations ont
fait l’objet d’une inscription au bureau de la publicité
des droits. Pour que cette garantie s’applique, il n’est pas
nécessaire que l’acheteur attende que l’autorité
compétente fasse valoir son droit, il suffit que la
limitation existe.
Quant aux troubles
de fait, il s’agit d’actes posés par le vendeur ou,
dans certains cas, par un tiers et qui ont pour effet de nuire
à la jouissance paisible du bien par l’acheteur.
Cette garantie
du droit de propriété peut être augmentée.
En effet, le vendeur peut vendre avec garantie de " franc
et quitte ". Ce qui veut dire que le bien est libre
de tous droits, autres que ceux déclarés. Elle
peut aussi être diminuée, c’est-à-dire
que le vendeur ne se porte pas garant sur un élément
bien précis. Finalement, cette garantie peut être
exclue; il s’agit alors d’une vente " sans aucune
garantie ". Mais, dans ce dernier cas, comme nous
l’avons dit plus haut, le vendeur ne peut se dégager
de ses faits personnels. Le seul cas où il peut se
dégager de ses faits personnels, c’est lorsque l’acheteur
achète " à ses risques et périls "
d’un vendeur non professionnel (art. 1733 C.c.Q.). Ainsi,
dans une telle vente, l’acheteur assume tous les risques.
- Garantie
de qualité (vices cachés)
Maintenant, en
ce qui concerne la garantie de qualité, le vendeur
est tenu de garantir à l’acheteur que le bien et ses
accessoires sont, lors de la vente, exempts de vices cachés
qui le rendent impropre à l’usage auquel on le destine
ou qui diminuent tellement son utilité que l’acheteur
ne l’aurait pas acheté, ou n’aurait pas donné
si haut prix, s’il les avait connus. Cependant, cette garantie
ne protège l'acheteur que du vice caché et non
du vice apparent. Un vice est apparent lorsqu’il peut être
constaté par un acheteur prudent et diligent sans avoir
besoin de recourir à un expert (art. 1726 C.c.Q.).
Afin de se prévaloir
de cette garantie, il faut que le vice soit grave. Pour savoir
si un vice est grave, il faut considérer l'étendue
des inconvénients pour l’acheteur et les coûts
requis pour effectuer la réparation. Il faut que le
vice diminue de manière importante l’usage du bien.
Aussi, le vice doit avoir existé antérieurement
à la vente. Par contre, les effets du vice peuvent
se manifester après la vente.
Finalement, le
vice doit être "occulte"; c’est-à-dire que l’acheteur
ne devrait pas avoir pu connaître l'existence du vice
au moment de la vente. À ce titre, il lui incombe de
faire un examen raisonnable du bien qu’il désire acheter;
l’examen par un expert n’est plus nécessaire. Si à
la suite de cet examen, l’acheteur décèle un
vice, ce vice ne pourra pas être considéré
comme un vice caché. L’acheteur n’aura aucun recours
contre le vendeur concernant un tel vice.
L'article 1729
C.c.Q. établit une présomption d'existence d'un
vice lorsqu’il s’agit d'une vente par vendeur professionnel
lorsque l'on constate une détérioration ou un
mauvais fonctionnement anormalement précoce du bien.
Tout comme la
garantie du droit de propriété, la garantie
de qualité peut être augmentée. Ainsi,
le vendeur peut se porter garant "de tous vices apparents
ou cachés" ou garantir le bon fonctionnement du bien
pendant un certain temps après la vente. C'est ce qu'on
appelle une "garantie
de fabricant " . De même, la garantie
de qualité peut être diminuée par un vendeur
non professionnel qui peut indiquer qu'il ne garantit que
certains défauts en excluant d'autres ou qu’il limite
sa responsabilité dans le temps. Finalement, cette
garantie peut être exclue par un vendeur non professionnel.
Dans ce cas, la vente est faite "sans aucune garantie". Mais,
dans ce dernier cas, comme nous l’avons dit plus haut, le
vendeur ne peut se dégager de ses faits personnels.
Le seul cas où il peut se dégager de ses faits
personnels, c’est lorsque l’acheteur achète "à
ses risques et périls" d’un vendeur non professionnel
(art. 1733 C.c.Q.). Ainsi, dans une telle vente, l’acheteur
assume tous les risques. Cependant, un vendeur doit toujours
agir de manière honnête et révéler
les vices dont il a connaissance, faute de quoi sa responsabilité
en vertu de la garantie est alourdie et sa responsabilité
peut être engagée pour avoir agi de mauvaise
foi.
Nous remercions
Me Denis Émond, avocat d'avoir rédigé
ce texte et Me Jeffrey
Edwards de chez Tutino Edwards Joseph,
d'avoir bien voulu le réviser!!!
Pour de plus amples
renseignements concernant les garanties, consultez le texte
: La
responsabilité du vendeur et du fabricant
pour la qualité et la sécurité des biens.
Quelles
protections la Loi
sur la protection du consommateur accorde-t-elle aux individus?
(Haut de la page)
Selon une règle
traditionnelle de droit civil, "le contrat fait la loi
des parties", dans la mesure où il ninclut
rien dillégal ni de contraire à lordre
public. Prenant pour acquis que les adultes traitent dégal
à égal, cette approche traditionnelle ne tient
pas compte de la situation dinégalité
dans laquelle un consommateur se retrouve souvent face à
un commerçant. Cest pourquoi la Loi sur la
protection du consommateur crée un régime
dexception pour les contrats conclus entre un consommateur
et un commerçant dans le cours de son commerce, de
façon à rétablir léquilibre
entre les parties. Cette loi interdit certaines pratiques
de commerce de même que limposition de certaines
conditions par les commerçants et elle établit
des exigences très précises quant à divers
types de contrats, lesquels peuvent être particulièrement
onéreux ou difficile pour le consommateur.
Les protections
que cette loi accorde sont nombreuses et nous ne pourrons
pas toutes les détailler. Pour ne citer que quelques
exemples, un contrat régi par la cette loi doit être
rédigé en français, à moins que
les parties ne stipulent expressément lusage
dune autre langue, et les avis du commerçant
doivent être donnés dans la langue du contrat.
Un commerçant ne peut pas spécifier quil
se dégage de sa responsabilité. À loccasion
dun contrat écrit, le commerçant doit
vous laisser le temps den prendre connaissance, le signer
en premier et vous en remettre un double. Cette loi contient
plusieurs exigences quant à la garantie, dont la durée
doit être raisonnable, et finalement elle exige aussi
que les exclusions soient indiquées clairement. Le
manufacturier et le commerçant sont tenus à
la garantie contre les vices cachés. Consultez notre
article Les vices cachés.
Différents
types de contrats font lobjet dun contrôle
encore plus serré, pour lesquels la Loi sur la protection
du consommateur exige non seulement un écrit, mais
établit également des exigences quant à
leur contenu. Cest le cas notamment pour les contrats
de crédit, la vente à tempérament, la
vente dune automobile ou dune motocyclette, lévaluation
de la réparation dun appareil domestique ainsi
que le louage de services à exécution successive,
avec certaines règles applicables aux studios de santé.
Cest de là que vient, entre autres, lexigence
quune étiquette contenant certains renseignements
soit apposée sur une automobile et que cette étiquette
fasse partie du contrat. Cest également en vertu
de cette loi que les versements, à loccasion
dun contrat de prêt, doivent être égaux,
sauf le dernier, qui peut être moindre. La Loi sur
la protection du consommateur interdit également
de jumeler un contrat de crédit variable (carte de
crédit) à un contrat de vente à tempérament.
Au chapitre des
pratiques interdites, mentionnons la publicité fausse
ou trompeuse, la publicité sadressant aux moins
de 13 ans, de même que le fait daltérer
ou de remplacer lodomètre dune automobile
de façon à lui faire indiquer un kilométrage
moindre.
Cette loi prévoit
évidemment des recours en cas de manquement à
une obligation quelle impose. Tout dépendant
du type de contrat, vous pourrez avoir le droit dannuler
votre contrat ou de le résilier, dexiger lexécution
des obligations du commerçant ou de demander lautorisation
de les faire exécuter à ses frais ou encore,
de faire réduire vos propres obligations. Dans certains
cas, le manquement à certaines obligations du commerçant
pourra changer automatiquement la nature du contrat, à
lavantage du consommateur, bien entendu.
Enfin, Loi
sur la protection du consommateur contient également
des dispositions pénales. En plus dune amende
ou dune injonction, un commerçant, qui a contrevenu
à cette loi, peut se voir imposer lobligation
dinformer les consommateurs dun jugement rendu
contre lui et de rectifier des informations trompeuses quil
aurait données.
Encore une fois,
tous les exemples mentionnés ci-haut ne sont pas exhaustifs.
Si vous vous croyez lésé par un contrat conclu
avec un commerçant, ce serait une bonne idée
de consulter un avocat qui pourra lexaminer au peigne
fin, de façon à y trouver la faille et les recours
qui sy rattachent, sil en est.
Site Internet
de l'Office
de la protection du consommateur (très bon!)
Je
nose pas faire dachat sur Internet par carte de
crédit, car jai peur des fraudes. (Haut de la page)
Le paiement par
carte de crédit nest pas nécessairement
plus risqué sur Internet quil ne lest par
téléphone ou en personne chez un commerçant.
Comme dans nimporte quelle autre situation, il sagit
de savoir à qui vous avez affaire. Parmi les questions
à vous poser, on peut penser aux suivantes. Qui est
propriétaire de ce site? Est-ce une compagnie reconnue
ou bien une compagnie bidon? Peut-on retracer cette compagnie
ailleurs que sur Internet? Bien quelles ne soient pas
déterminantes, ces questions peuvent vous aider à
vous faire une idée de la crédibilité
et du sérieux de ceux avec qui vous avez lintention
de transiger. Vous devez aussi prendre tous les renseignements
qui simposent normalement lorsquon fait un achat
important et, entre autres, quen est-il du service après
vente, des politiques déchange ou de remboursement?
La compagnie exige-t-elle un paiement avant davoir livré
le bien ou livre-t-elle la marchandise dabord? Cette
dernière donnée devrait vous inciter à
réfléchir car, au Québec, le commerçant
qui sollicite un "contrat à distance" (ce
qui est manifestement le cas sur Internet) na généralement
pas le droit dexiger un paiement avant davoir
"exécuté son obligation", autrement
dit, davoir livré la marchandise ou davoir
commencé à rendre le service pour lequel il
réclame de largent.
Bien entendu,
sur Internet, il y aussi le risque de piratage. Pour se prémunir
contre cette pratique, il existe différents systèmes
"dencryptage", consistant essentiellement
en linsertion de certains codes qui rendent les messages
électroniques inaccessibles aux intrus. Le niveau de
sécurité peut varier dun système
à lautre. La présence dun icône
représentant un cadenas fermé, dans le bas de
votre fureteur (Netscape Navigator ou Microsoft Explorer),
vous indique si vous êtes dans une partie sécurisée
du site ou non, selon que ce cadenas soit fermé ou
ouvert.
Enfin, lorsque
vous perdez votre carte ou que vous vous la faites voler,
vous devez en aviser votre institution financière,
après quoi vous ne serez plus responsable des achats
faits sur cette carte, ou bien vous le serez, mais jusquà
concurrence de 50 $. Les institutions financières
nexigent même pas toujours ce montant.
Je désire
faire des achats en ligne; comment me protéger?
(Haut de la page)
La Federal Trade
Commission (FTC) des États-Unis a publié une
série de conseils visant à protéger les
cyberconsommateurs, soit ceux qui font du magasinage en ligne.
Les voici :
- il est important de connaître
le nom ou la réputation de l'entreprise avec qui
vous souhaitez transiger. Dans le cas contraire, la FTC
recommande de s'informer auprès d'un bureau d'éthique
commerciale comme le Better Business Bureau (au Québec
l'Office
de la protection du consommateur);
- protégez vos renseignements
personnels en faisant affaires avec un vendeur qui affiche
une politique de confidentialité;
- n'utilisez pas le même
mot de passe pour effectuer un achat et pour accéder
à votre ordinateur personnel ou à votre
réseau. De plus, choisissez un mot de passe différent
à chaque fois que vous vous enregistrez dans un
nouveau site;
- payez vos achats avec
une carte de crédit, car les autres options de
paiement n'offrent pas les mêmes protections aux
consommateurs;
- achetez uniquement à
partir d'un serveur sécurisé. Une clé
ou un cadenas situé en bas de l'écran confirme
que l'information transmise est encryptée, donc
transmise d'une façon sécuritaire;
- portez attention à
la date de livraison promise lors de l'achat. La FTC exige
que les vendeurs fournissent les biens commandés
à l'intérieur d'une période de 30
jours, sans quoi ils doivent offrir au client l'opportunité
d'annuler la vente et de se faire rembourser;
- soyez attentif aux modes
de livraison offerts par les cyber-détaillants,
car les frais de transport et de manutention qu'ils peuvent
exiger varient selon le délai (régulier,
2 jours ou le lendemain matin);
- enfin, conservez une preuve
de vos transactions en imprimant la page Web précisant
le nom et les coordonnées du vendeur, une description
du produit acheté ainsi que tous les courriels
envoyés et reçus concernant l'achat. Si
la date n'apparaît pas sur les documents, inscrivez-la
manuellement. Ces documents peuvent être utiles
si vous ne recevez pas votre commande ou encore, si vous
ne recevez pas ce que vous avez commandé.
Source : Communiqué
de presse, Federal Trade Commission, 27 novembre 1999
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