Perquisition par le Sous-ministre du Revenu:
jurisprudence nouvelle
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Me Yves Paré, avocat, Bernier Beaudry, s.e.n.c.,
avocats.
Advenant un perquisition de certains documents par le Sous-ministre
du Revenu du Québec, la loi autorise le saisi, avec l'autorisation
d'un juge de la Cour du Québec, à examiner les choses saisies
et en obtenir copie sur paiement des frais. La Cour Supérieure,
dans une affaire récente (Gestion Inter-Parc inc, c. Sous-ministre
du revenu du Québec et als) a par ailleurs étendu ce droit.
Suite à la perquisition de plus de cent (100) caisses de
documents dont la plupart étaient nécessaires aux opérations
courantes de son entreprise, le contribuable présenta à la
Cour une requête dite "en entiercement". Cette demande avait
notamment pour objet de permettre au gardien des biens saisis
à être désigné par la Cour de lui fournir copie des documents
perquisitionnés nécessaires à ses opérations commerciales.
Après avoir entendu les arguments respectifs des parties,
le juge Jacques Viens a conclu qu'il était dans l'intérêt
de la justice que Gestion Inter-Parc inc. puisse avoir accès
à ses documents perquisitionnés dans un délai raisonnable
et ordonna au Sous-ministre du Revenu du Québec de lui remettre
sans frais dans les quarante-huit heures suivant la réception
d'une demande écrite à cet effet les documents nécessaires
aux opérations commerciales de son entreprise.
Cette décision intéressante affirme le droit du contribuable
d'obtenir rapidement des copies de ses propres documents,
même s'ils ont été perquisitionnés, et qui sont nécessaires
à ses opérations commerciales et ce, sans frais. Qui plus
est, l'ordre que la Cour donne au Sous-ministre du Revenu
du Québec est de la nature d'une injonction: si le Sous-ministre
n'obéit pas, il peut être trouvé coupable d'outrage au tribunal
! Les plaideurs et les contribuables ont donc avantage à connaître
cette décision.
Cette même affaire a également donné lieu à une autre évolution
jurisprudentielle concernant le droit d'interroger le dénonciateur
à l'origine de la procédure de perquisition.
Gestion Inter-Parc inc. voulait interroger le dénonciateur
mais le Sous-ministre a refusé. Devant ce refus, le contribuable
présenta une demande à la Cour pour forcer la tenue de l'interrogatoire.
Essentiellement, le Sous-ministre du Revenu du Québec refusait
l'interrogatoire demandé puisqu'un tel droit n'existait pas
en droit pénal et que toute la procédure de perquisition relevait
du droit pénal provincial. Cet argument a été rejeté par la
Cour.
En effet, le juge André Gervais a décidé que Gestion Inter-Parc
inc. avait le droit d'interroger le dénonciateur. Le juge
reconnaît donc aux contribuables du Québec le droit d'interroger
au préalable le dénonciateur dans le but de connaître à l'avance
certains détails de la poursuite intentée contre eux qui ne
seraient dévoilés autrement que lors de l'audition de la cause
devant le juge. Cette règle est unanimement reconnue dans
notre droit civil et vise à permettre aux parties se mieux
se préparer à l'audition. Cette décision fait par ailleurs
présentement l'objet d'un appel devant la Cour d'appel du
Québec.
Dernière mise à jour au 1er septembre
2000.
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