Le permis de travail au Canada
Me
Patrice M. Brunet du cabinet BRUNET
AVOCATS
Le Travail Temporaire au Canada
De nombreuses entreprises canadiennes ainsi que des
organismes publics et à caractère international
font appel à des travailleurs étrangers
embauchés sur une base temporaire.
Annuellement, plus de 90 000 étrangers travaillent
temporairement au Canada. L'admission de ces travailleurs
étrangers résulte de mutations de personnel,
d'ententes internationales, de pénuries dans
certains domaines ou encore de la nécessité
d'embaucher des travailleurs qualifiés pour faire
face à la concurrence internationale.
LE CADRE LÉGISLATIF
En vertu de l'article 8 la Loi sur l'immigration
et la protection des réfugiés (la
"LIPR "), le ministre de la Citoyenneté
et de l'Immigration possède l'autorité
de conclure des accords avec les provinces afin de coordonner
et mettre en uvre des politiques et des programmes
d'immigration. Ces accords fédéral-provincial
énoncent les responsabilités précises
des parties et définissent les mécanismes
par lesquels les provinces et les territoires peuvent
contribuer à l'élaboration de politiques
et de programmes d'immigration.
ACCORD CANADA-QUÉBEC
C'est en 1991 que l'Accord Canada-Québec relatif
à l'immigration et à l'admission temporaire
des aubains est signé. En vertu de cet accord,
le Canada demeure responsable des normes et objectifs
nationaux relatifs à l'immigration, de l'admission
de tous les immigrants, ainsi que de l'admission et
du contrôle des visiteurs. L'admission des immigrants
signifie l'application des critères relatifs
à la criminalité, à la sécurité
et à la santé, en plus du traitement administratif
des demandes et de l'admission physique aux points d'entrée
du Canada. Le Québec devient responsable de la
sélection, de l'accueil et de l'intégration
des immigrants à destination du Québec,
et le Canada s'engage à ne pas admettre au Québec
les immigrants indépendants, ni les réfugiés
qui ne répondent pas aux critères de sélection
du Québec sauf en ce qui concerne la détermination
des revendications du statut de réfugié
présentées par des personnes se trouvant
déjà au Canada.
L'article 22 de l'Accord précise que le consentement
du Québec est requis avant l'admission dans la
province des trois types suivants de visiteurs: les
étudiants, les visiteurs venant recevoir des
soins médicaux ainsi que les travailleurs temporaires.
OBTENTION D'UN PERMIS DE TRAVAIL
Une autorisation d'emploi est requise dans tous les
cas où un étranger exerce une activité
de "travail" au Canada.
Selon le Règlement sur l'Immigration et la
Protection des Réfugiés (RIPR), le
"travail" est défini à son article
1 (1) comme étant une "Activité qui
donne lieu au paiement d'un salaire ou d'une commission,
ou qui est en concurrence directe avec les activités
des citoyens canadiens ou des résidents permanents
sur le marché du travail au Canada."
Ainsi donc, à défaut de détenir
un de ces deux statuts, le travailleur qui exerce une
activité pouvant entrer dans la définition
précitée devra se prémunir d'une
autorisation d'emploi valable. Nous vous proposons un
bref tour d'horizon du processus d'obtention d'un permis
de travail.
RESSOURCES HUMAINES ET DÉVELOPPMENT
DES COMPÉTENCES CANADA (RHDCC)
L'employeur qui souhaite embaucher un travailleur étranger
temporaire doit généralement faire approuver
l'offre d'emploi par le ministère des Ressources
Humaines et Développement des Compétences
Canada (RHDCC). RHDCC évalue les incidences économiques
sur le marché du travail canadien et délivre
une confirmation, soit pour un seul poste ou pour un
groupe de postes. Si le salaire et les conditions de
travail liés à l'emploi sont conformes
à la norme et qu'il n'existe pas de travailleur
canadien qualifié et disponible, RHDCC émet
une opinion de non-objection.
RHDCC peut également émettre un avis quant
aux catégories précises d'emplois caractérisées
par des pénuries de main-d'oeuvre. Le gouvernement
peut ainsi conclure des accords avec des secteurs d'activités
confrontés à une pénurie de travailleurs
afin de faciliter l'embauche de travailleurs étrangers.
MINISTÈRE DE L'IMMIGRATION ET DES COMMUNAUTÉS
CULTURELLES (MICC)
Au Québec, la décision de valider une
offre d'emploi temporaire est prise conjointement par
le Ministère de l'Immigration et des Communautés
Culturelles (MICC) et par RHDCC. Avant de donner leur
autorisation, les gouvernements du Québec et
du Canada s'assurent que l'admission d'un travailleur
temporaire au Québec entraînera un effet
bénéfique sur le marché du travail
québécois, par exemple par la création
directe d'emplois, par le développement ou le
transfert de compétences, ou la résorption
d'une pénurie de main-d'uvre dans un domaine
spécifique.
EXEMPTION DE PERMIS DE TRAVAIL
Il est important de vérifier la nécessité
d'obtenir un permis de travail pour le travailleur.
Les cas où un permis de travail ne serait pas
exigé se retrouvent dans le Règlement
sur l'Immigration et la Protection des Réfugiés
(partie 9, Section 3, art. 186-187). Nous en reproduisons
ici les extraits principaux, soit:
Personnes d'affaires en visite
Les personnes qui sont admises au Canada par affaires
n'ont pas besoin d'un permis de travail si elles travaillent
pour une entreprise établie à l'étranger.
Elles ne peuvent ainsi s'intégrer directement
au marché du travail au Canada et n'entrent donc
pas dans la définition précitée
de "travail".
Or, ce principe doit être étudié
à la lumière des circonstances précises
de chaque cas d'espèce. Ainsi, un travailleur
ne pourrait contourner l'exigence d'obtention d'un permis
de travail pour le seul motif qu'il demeurerait à
la charge de son employeur étranger pour une
période prolongée. Toutefois, il est raisonnable
de conclure qu'un vice-président d'entreprise
en visite d'affaires de quelques jours au Canada pour
négocier des contrats ne nécessite pas
un permis de travail
mais attention! S'il négocie
des contrats à raison de 20 jours par mois, il
risque de se faire questionner et refuser l'entrée
au pays.
Donc, la fréquence et la durée des visites
sont deux facteurs pouvant permettre à l'agent
d'immigration de conclure que l'individu doit obtenir
une autorisation d'emploi. Il est aussi important de
souligner que l'examen s'effectue à chaque
fois que le ressortissant étranger se présente
au point d'entrée. Ainsi, de multiples entrées
réussies à titre de visiteur d'affaires
ne sont pas une garantie que la prochaine entrée
se déroulera sans anicroches!
Représentants d'un gouvernement étranger
Les diplomates et les représentants officiels
d'autres pays ou des Nations Unies et leur personnel
n'ont pas besoin d'un permis pour travailler au Canada.
Membres de la famille des représentants d'un
gouvernement étranger
Les membres de la famille de diplomates sont autorisés
à travailler au Canada sans permis s'ils sont
en possession d'une "lettre de non-objection "
du ministère des Affaires étrangères.
Personnel militaire
Les membres des forces armées d'un autre pays
sont autorisés à travailler au Canada
sans permis s'ils sont en possession d'ordres de mission
indiquant qu'ils entrent au Canada en vertu de la Loi
sur les forces étrangères présentes
au Canada.
Fonctionnaires des gouvernements étrangers
Le Canada a conclu des accords d'échange avec
certains pays pour permettre à ses fonctionnaires
de travailler dans les ministères de ces pays
au Canada, et vice-versa. Les fonctionnaires qui travaillent
au Canada doivent présenter une lettre d'entente
officielle si leur période de travail est supérieure
à trois mois.
Emploi sur le campus
Les étudiants étrangers au Canada peuvent
travailler sur le campus de l'université où
ils font leurs études sans détenir un
permis de travail. En vertu d'un projet-pilote récent,
il est aussi possible aux étudiants de certains
établissements post-secondaires publics de travailler
hors-campus, selon des modalités particulières,
variant selon chacune des provinces.
Artistes de spectacle
Les artistes étrangers et leur personnel de soutien
essentiel qui demandent l'admission au Canada pour y
donner des spectacles n'ont pas besoin de permis s'ils
se produisent uniquement pendant une période
limitée et ailleurs que dans un bar ou un restaurant.
Les artistes qui travaillent au Canada dans cette catégorie
ne sont pas autorisés à conclure une relation
d'emploi avec la société canadienne qui
a retenu leurs services. De plus, il est interdit aux
artistes de participer à la réalisation
d'un film ou d'émissions télévisées
ou radiodiffusées, à moins de détenir
une autorisation d'emploi.
Athlètes et entraîneurs
Les équipes, athlètes et entraîneurs
étrangers sont autorisés à participer
à des compétitions au Canada sans permis
de travail.
Reporters
Les reporters travaillant pour des journaux, chaînes
de télévision, agences de presse ou sociétés
de couverture de l'actualité sont autorisés
à travailler au Canada pour rapporter les événements
ayant lieu au Canada.
Conférenciers
Les conférenciers invités, les conférenciers
commerciaux ou les animateurs de colloque sont autorisés
à présenter des conférences ou
à dispenser une formation au Canada sans permis
de travail à condition que la durée de
l'activité soit d'au plus cinq (5) jours.
Organisateurs de congrès
Les organisateurs et le personnel administratif qui
organisent des réunions ou des congrès
au Canada n'ont pas besoin d'un permis de travail.
Nota : Le personnel de fournisseurs
de services, comme les services audiovisuels ou autres
formes d'assistance "pratique ", ont besoin
d'un permis pour travailler au Canada.
Personnel Ecclésiastique
Les personnes qui demandent l'admission au Canada pour
travailler à titre de pasteurs ou de prêtres
ayant reçu l'ordination, de laïcs ou de
membres d'un ordre religieux n'ont pas besoin d'un permis
de travail pour exercer leurs fonctions religieuses
ou aider un groupe religieux. Ces fonctions consistent
notamment à prêcher une doctrine, à
occuper des fonctions liturgiques et à donner
des conseils d'ordre spirituel.
Juges et arbitres
Les officiels de compétitions internationales
d'athlétisme amateur sont autorisés à
être admis au Canada sans permis de travail pour
faire office de juge ou d'arbitre.
Examinateurs et responsables de l'évaluation
Les professeurs et les spécialistes universitaires
sont autorisés à être admis au Canada
pour évaluer ou superviser des projets scolaires,
des projets de recherche ou des thèses universitaires.
Cette autorisation s'applique aux organismes de recherches
et aux établissements universitaires canadiens.
Témoins experts ou investigateurs
Les experts sont autorisés à travailler
au Canada sans permis de travail lorsqu'ils témoignent
devant un organisme de réglementation ou un tribunal.
Étudiants en soins de santé
Les étudiants étrangers en soins de santé
peuvent effectuer leur stage en médecine ou un
travail de courte durée au Canada sans permis
si le but principal de leur travail est d'acquérir
une formation. Ils doivent obtenir l'autorisation écrite
de l'organisme professionnel qui régit leur profession.
La durée habituelle d'un stage de formation ne
doit pas dépasser quatre (4) mois.
Nota : Bien que le permis de travail
ne soit pas exigé, un examen médical est
requis par Citoyenneté et Immigration Canada
avant l'admission.
Inspecteurs de l'aviation civile
Les inspecteurs qui demandent l'admission au Canada
pour effectuer des inspections de sécurité
des opérations aériennes ou de sécurité
de passagers pour le compte d'un transporteur aérien
commercial assurant des vols internationaux n'ont pas
besoin d'un permis de travail.
Enquêteurs d'accident ou d'incident
Les représentants accrédités ou
les conseillers qui demandent l'admission au Canada
pour participer à une enquête sur un accident
ou un incident d'aviation aux termes de la Loi sur
le Bureau canadien d'enquête sur les accidents
de transport et de la sécurité des transports
n'ont pas besoin d'un permis de travail.
Membres d'équipage
Les membres d'un équipage étranger travaillant
à bord de véhicules immatriculés
à l'étranger (par exemple agents de bord
ou équipage d'un navire) n'ont pas besoin d'un
permis de travail si le véhicule se trouve au
Canada pour le transport international de fret ou de
passagers.
Fournisseurs de services d'urgence
Les personnes qui demandent l'admission au Canada pour
prêter assistance en cas d'urgence n'ont pas besoin
d'un permis de travail, si elles entrent au pays dans
le but de préserver la vie ou les biens des personnes.
Par situations d'urgence, on entend notamment les catastrophes
naturelles comme les inondations ou les tremblements
de terre ou les accidents industriels constituant une
menace pour l'environnement.
EXEMPTION DE CONFIRMATION PAR RHDCC
Le processus de validation d'offre d'emploi exige que
l'employeur qui souhaite embaucher un travailleur étranger
démontre à la satisfaction du Ministère
qu'un autre Canadien ne peut raisonnablement occuper
le même emploi.
Cette procédure, comprise par plusieurs comme
étant la seule voie d'accès à une
autorisation d'emploi, est longue et onéreuse.
Aussi, il est important de savoir que le Règlement
sur l'Immigration et la Protection des Réfugiés
(RIPR) du Canada prévoit certaines exemptions
à la norme de validation de Ressources Humaines
et Développement des Compétences Canada
(RHDCC).
L'exemption de validation par RHDCC requiert néanmoins
l'émission d'un permis de travail, alors que
l'exemption de permis, elle, ne requiert aucun document
spécifique.
Nous citons les principaux éléments de
l'exemption de validation:
Entrepreneurs, personnes mutées à l'intérieur
d'une société
Cette catégorie s'adresse à certains types
d'entrepreneurs, de personnes mutées à
l'intérieur d'une société et d'autres
types de travailleurs qui apporteront des avantages
pour les Canadiens ou résidents permanents en
travaillant au Canada.
Programmes d'échanges
Les personnes obtenant un emploi au Canada en échange
de l'embauche de Canadiens à l'étranger,
en vertu de programmes d'échange jeunesse, de
programmes d'échange d'enseignants, ainsi que
d'autres programmes d'échanges peuvent bénéficier
de cette exemption.
Étudiants co-op
Les étudiants étrangers étudiant
au Canada participant à des programmes de placements
professionnels pour l'obtention de crédits sont
ici visés.
Époux
Les époux et les conjoints de fait de travailleurs
qualifiés étrangers, de certains étudiants
étrangers, de détenteurs de permis de
travail, de diplômés d'études supérieures
et de détenteurs d'une bourse de perfectionnement
post doctoral peuvent obtenir un permis de travail depuis
maintenant quelques années.
Travailleurs religieux
Les personnes accomplissant un travail bénévole
ou religieux peuvent faire la demande d'un permis de
travail.
Projet pilote
Pour les individus admissibles au Projet pilote sur
les travailleurs du domaine du logiciel et le Projet
pilote pour la délivrance d'autorisations d'emploi
aux conjoints de travailleurs hautement spécialisés.
En fait, ce projet pilote qui a vu le jour depuis maintenant
plus de 5 ans, est plutôt qualifié de "Projet
pilote automatique " dans le milieu!
Accords internationaux
Les professionnels, les négociants et les investisseurs
visés par l'Accord de libre-échange nord-américain
(ALÉNA) qui entrent au Canada en vertu de l'article
204 du RIPR sont exemptés de la validation. Ce
règlement permet aussi la délivrance de
permis aux individus qui sont admis au Canada en vertu
d'autres types d'accords internationaux.
Autres exceptions
D'autres exceptions s'appliquent, notamment à
certaines personnes qui doivent subvenir à leurs
besoins pendant leur séjour au Canada pour d'autres
raisons, telle qu'une revendication du statut de réfugié.
L'Accord de libre-échange nord-américain
(ALÉNA)
Aux termes du chapitre 16 de l'ALÉNA, les citoyens
du Canada, des États-Unis et du Mexique peuvent
jouir d'une admission temporaire plus rapide et simple
dans les trois pays afin d'y exercer des activités
d'affaires ou d'y faire des investissements. Toutes
les dispositions s'appliquent également et équitablement
aux citoyens des trois pays.
L'ALÉNA s'applique à quatre catégories
de gens d'affaires : les hommes et femmes d'affaires
en visite, les professionnels, les personnes mutées
à l'intérieur d'une société,
ainsi que les négociants et investisseurs. Toutes
ces personnes peuvent entrer au Canada sans validation
de RHDCC portant sur l'offre d'emploi.
L'Accord de libre-échange Canada-Chili (ALECC)
L'ALECC est modelé sur l'ALÉNA et facilite
réciproquement l'entrée temporaire en
éliminant l'exigence d'un avis de RHDCC sur l'impact
économique. Les règles régissant
l'entrée temporaire s'assimilent à celles
de l'ALÉNA et comportent les mêmes quatre
catégories de gens d'affaires qui peuvent entrer
au Canada sans validation portant sur l'offre d'emploi.
Des modifications mineures ont toutefois été
apportées à l'ALECC afin de tenir compte
du caractère bilatéral de l'accord.
L'Accord général sur le commerce des
services (AGCS)
Aux termes de l'AGCS, le Canada s'est engagé
à permettre l'accès au marché aux
fournisseurs de services étrangers dans des secteurs
précis. Cet engagement vise plus de 130 nations.
Comme pour l'ALÉNA, l'entrée temporaire
d'une personne d'affaires est simplifiée par
l'omission d'un avis portant sur l'offre d'emploi.
INTÉRÊTS CANADIENS
Une autre exemption de validation importante est mentionnée
à l'article 205 du RIPR : un permis de travail
peut être délivré à l'étranger
si le travail pour lequel le permis est demandé
permet de créer ou de conserver des débouchés
ou des avantages sociaux, culturels ou économiques
pour les citoyens canadiens ou les résidents
permanents;
Il est ainsi possible de monter une argumentation qui
pourra convaincre l'agent d'immigration de certains
avantages subjectifs reliés à l'embauche
du travailleur étranger, sans nécessairement
se justifier au plan de l'impact sur la main d'uvre
canadienne disponible.
VISA D'ENTRÉE
La possession d'un permis de travail en cours de validité
ne signifie pas nécessairement que l'admission
au Canada sera accordée.
Les personnes qui désirent entrer au Canada en
tant que travailleur étranger temporaire doivent
détenir un visa de visiteur, à moins qu'ils
ne soient citoyens d'un pays dispensé d'obtenir
un visa. En outre, ils doivent posséder un casier
judiciaire vierge, ne doivent pas constituer une menace
à la sécurité de l'État,
ils doivent être en bonne santé, détenir
un passeport ou un titre de voyage valide et posséder
les fonds suffisants pour subvenir à leurs propres
besoins durant leur séjour au Canada. Tous les
visiteurs doivent convaincre l'agent d'immigration à
chaque fois qu'ils se présentent au point d'entrée
que le but de leur séjour est de nature temporaire,
et qu'ils n'ont pas l'intention de s'installer au Canada
en permanence.
Un visa de visiteur peut être émis pour
une seule entrée ou pour de multiples entrées.
On doit en faire la demande à un bureau canadien
des visas à l'extérieur du Canada (une
ambassade ou un consulat). Seules les prorogations de
permis de séjour peuvent être faites à
partir du Canada. En règle générale,
les travailleurs étrangers temporaires sont admis
pour la période de validité de leur permis
de travail.
Les visas de visiteurs à entrée unique
ne permettent d'entrer qu'une seule fois au Canada.
Cependant, il est permis aux détenteurs de visas
de visiteur à entrée unique de sortir
du Canada et d'y revenir avant la date d'expiration
du visa, si le voyage qu'ils effectuent est aux États-Unis
ou à Saint-Pierre et Miquelon.
EXAMEN MÉDICAL
Un examen médical est obligatoire si le demandeur
a résidé ou séjourné six
mois consécutifs ou plus dans un pays/territoire
désigné dans la liste publiée (alinéa
30(1)c) du RIPR) au cours de l'année précédant
immédiatement sa date d'entrée au Canada
et qu'il désire séjourner au Canada pour
une période de plus de 6 mois.
Si le demandeur se prépare à occuper un
emploi dans lequel la protection de la santé
publique est essentielle (i.e. travail dans le milieu
de la restauration, médical, etc.), il doit subir
un examen médical, peu importe la durée
de son séjour au Canada.
Certaines professions sont visées du fait qu'elles
amènent la personne à être en contact
étroit (pendant plus de trois heures par jour
ou avec risque d'échange de liquides organiques)
avec certaines personnes, notamment :
- les travailleurs dans le domaine des services de
santé, y compris le personnel et les employés
d'hôpitaux, les travailleurs de laboratoires
cliniques, les préposés aux patients
dans les foyers de soins infirmiers et les établissements
de soins gériatriques, les étudiants
en médecine admis au Canada pour étudier
à l'université, et les médecins
qui font des remplacements à court terme;
- les enseignants d'écoles primaires ou secondaires
ou autres instituteurs qui enseignent à de
jeunes enfants;
- les domestiques;
- les travailleurs qui fournissent des soins à
domicile à des enfants, à des vieillards
ou à des personnes handicapées;
- les employés de garderie;
- les travailleurs agricoles de pays/territoire désignés.
L'examen médical est obligatoirement fait par un
médecin désigné par Santé
Canada, et accrédité aux fins d'immigration.
SANCTIONS PÉNALES
Il est important de souligner que le travailleur étranger
n'est pas le seul à risque, si ses documents ne
sont pas en ordre. En effet, un employeur canadien qui
embauche sciemment une personne qui n'est pas autorisée
à travailler au Canada commet une infraction selon
la LIPR. En vertu de l'article 125 de la LIPR il est passible:
- par mise en accusation, d'une amende maximale de
cinquante mille dollars et d'un emprisonnement maximal
de deux ans, ou de l'une de ces peines;
- par procédure sommaire, d'une amende maximale
de dix mille dollars et d'un emprisonnement maximal
de six mois, ou de l'une de ces peines.
CONCLUSION
Nous avons fait un bref survol du thème du permis
de travail temporaire au Canada. Ce domaine de pratique
est certes fascinant, et à la fois fort complexe.
À l'instar de nos lois fiscales, nos lois d'immigration
se sont diversifiées et sont devenues beaucoup
plus volumineuses au cours des dernières années.
Les bulletins d'interprétation se sont intensifiés,
et l'information ne brille malheureusement pas encore
par ses vertus de clarté, de précision et
d'accessibilité.
Les divers paliers de gouvernements ont su rapidement
s'adapter à une main d'uvre en pleine évolution,
tout en essayant de conjuguer les nouveaux défis
posés par des mesures de sécurité
accrues. Le gouvernement devra s'assurer que les besoins
du marché du travail continueront à être
rencontrés ponctuellement, et que le système
accroîtra la fluidité de son fonctionnement
au fur et à mesure de son évolution, puisque
les travailleurs étrangers représentent
un poumon vital qui permet aux entreprises canadiennes
de demeurer concurrentielles et évolutives.
|